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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 22:14

 

 

machine a broyer

 

Pour plaire au ministre et satisfaire aux préceptes de bonne gouvernance, les dirigeants hospitaliers sont prêts à tout. Peu importe que cela ait un sens ou une utilité quelconque à terme, il faut produire toujours plus d'activité comme à l'usine. Compression des coûts, flexibilité, flux tendu… a-t-on pris la mesure de la souffrance au travail engendrée ?

Le stress, la dépression ou encore les tentatives de suicide sont souvent hâtivement résumés à des cas individuels où la responsabilité est reportée insidieusement sur les victimes. Pour nous, la réalité est tout autre : à l'origine de la souffrance au travail il n'y a pas de causes individuelles mais une organisation du travail pensée, conçue rationnellement, et générant une dégradation constante des conditions de travail des salariés.

L'individualisation des objectifs et de l'évaluation de la performance telles qu'elles sont mises en oeuvre isolent le salarié de son groupe de travail. Ce management qui organise "la chasse au maillon faible" est dévastateur.

L'exacerbation de la concurrence entre les équipes médicales et entre les hôpitaux eux-mêmes crée un climat délétère. Ceux qui jouent du fouet en tirant les ficelles de la T2A(tarification à l'activité) et des COM (contrat d'objectifs de moyens) tout en organisant par ailleurs le pillage de la sécurité sociale ont une responsabilité politique toute particulière. La productivité et les économies drastiques auxquels sont acculés les établissements hospitaliers placés sous le joug d'un CREB (contrat de retour à l'équilibre budgétaire) passent par l'éviction des salariés les plus faibles. De l'ASH au médecin, qui peut se venter d'être au top de sa performance professionnelle pendant 40 ans de carrière. En traquant la moindre faiblesse, du plus haut de la hiérarchie jusqu'au plus bas, ce mode de management vise à placer chaque maillon dans l'insécurité et le doute jusqu'à les pousser à la désestime de soi, à la dépression et au départ.

Savez-vous que les salariés français battent le record mondial de la consommation d'antidépresseurs ! Non ce ne sont les salariés qui sont fragiles, mais ce sont les systèmes de management qui sont devenus de plus en plus pervers et destructeurs.

La souffrance au travail, la surconsommation d'antidépresseurs, les tentatives de suicides ne doivent pas être confinées dans l'approche médicale individuelle et dans le huis clos de la vie privée : c'est un problème collectif, c'est un problème de défaillance du cadre collectif du travail.

C'est le rôle d'un syndicat comme SUD de bousculer le ronron des CHSCT et de briser le non-dit institutionnel autour de la souffrance au travail. Ensemble, il serait peut-être urgent de se poser les bonnes questions sur le caractère pathogène de certains modes de fonctionnement !

Le mal-être au travail détruit l'individu et pourrit le fonctionnement de l'hôpital. Pour ne plus en être complice, osez le dire, osez agir, osez SUD !

Source SUD Santé Sociaux Clermont-Ferrand

 

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Published by sud-chu-caen - dans Hôpital en lutte

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