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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 17:51

Nouvelle saignée budgétaire pour l’hôpital public, et notamment la psychiatrie, en Nord Pas de Calais !

 

26,7 millions d’euros, c’est le plan d’économies 2013 pour l’hôpital public dans le Nord Pas de Calais décidé par le gouvernement et notifié récemment aux établissements par l’ARS (agence régionale de santé).

 

La psychiatrie paie le plus lourd tribut avec 12,2 millions d’économies, l’équivalent de 300 suppressions de postes !

 

Cette nouvelle saignée est constituée de 9 millions d’économies directes (dont 5,4 pour la psychiatrie), 10,6 millions de gel des crédits (dont 6,8 pour la psychiatrie) et un débasage des crédits AC (aide à la contractualisation pour la tarification à l’activité) de 7,1 millions d’euros.

 

Pour la psychiatrie régionale, ce nouveau plan drastique d’économies vient s’ajouter à une base reconductible en 2012 en baisse de 0,33%. Un sort particulier, défavorable et discriminatoire, subit pour la 2e année consécutive par la psychiatrie en Nord Pas de Calais, alors même que la région est déjà lanterne rouge en terme de moyens humains et d’indicateurs de santé.

 

2012 et 2013 : plus de 20 millions d’économies, c’est plus de 500 suppressions de postes pour la psychiatrie publique dans la région Nord Pas de Calais en 2 ans !

 

Par exemple, la direction de l’EPSM AL a annoncé lors du CTE du 28 mai que ces mesures d’économies majorées du gel correspondaient pour l’établissement à moins 899 134 euros pour 2013, qui la conduiront à supprimer 20 postes cette année après en avoir déjà supprimé 15 l’an dernier.

 

Suppressions de postes et de crédits, dégradation des conditions de travail et du service rendu à la population et du droit à la santé… Il est urgent d’agir, se mobiliser pour ne plus subir !

 

SUD santé sociaux appelle l’ensemble des hospitaliers publics et notamment de la psychiatrie, à participer à la manifestation nationale unitaire du 15 juin 2013 qui partira à 13h de la place de la Bastille à Paris.

 

 

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 20:37

 

 

  Pour lire, imprimer ou télécharger le tract, cliquez sur l'image ci dessous

 

 

Tract SUD CHU 15 juin

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 18:59

Le SMG dénonce l’opacité maintenue, par le décret du 22 mai 2013, sur les liens entre les firmes et les acteurs de santé.

La loi dite de « sécurité du médicament » votée suite au scandale sanitaire du Médiator° (2) prévoyait que l’ensemble des conventions conclues entre les firmes et les acteurs de santé soient connues.

 

Certes, le décret qui vient d’être publié prévoit l’obligation de déclaration des « cadeaux » faits par les firmes aux acteurs de santé, mais à partir de la somme de 10 euros. Cette déclaration doit être faite sur un site Internet unique et public ; les modalités de consultation de ce site, qui doivent être précisées ultérieurement par arrêté, seront déterminantes pour assurer une véritable transparence sur ces cadeaux. Par ailleurs le montage "d'associations écran" risque d’être une façon de contourner la loi en dissimulant les personnes physiques réellement bénéficiaires.

 

Mais surtout, ce décret laisse persister un problème majeur : il exclut de l’obligation de publication sur ce site les contrats qui donnent lieu à facturation. Un leader d’opinion, un « expert » pourront donc continuer à être rémunérés par un laboratoire dans les conditions actuelles d’opacité qui ont permis, entre autres, le scandale sanitaire du Médiator°.

 

Si le gouvernement veut réellement mettre un terme aux scandales sanitaires, il doit produire un véritable décret de transparence.

Celui-ci doit exiger la déclaration au premier euro de tous les avantages et rémunérations offerts par les firmes aux soignants et rendre celle-ci consultable, bénéficiaire par bénéficiaire, sur un site Internet unique et publiquement accessible.

 

1) Le SMG, membre du Collectif Europe et médicament, renvoie à l’analyse détaillée faite dans son communiqué de presse co-signé avec le Formindep :

 

http://www.formindep.org/Decret-sur-la-transparence-en.html

 

2) Rappelons que la revue Pratiques, les cahiers de la médecine utopique, avait, dès 1977, dénoncé le médiator comme une amphétamine et appelé à ne pas le prescrire :

 

http://pratiques.fr/MEDIATOR-33-ans-pour-que-les.html

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 18:54

Réunis à l’occasion des 6 heures pour la Santé, l’Action sociale et la Protection sociale, les représentants des organisations du collectif national Notre Santé en Danger appellent à participer massivement à la manifestation nationale unitaire le 15 juin à Paris.

 

La santé, l’action sociale et la protection sociale

sont malades des politiques menées et des plans d’austérité se succédant depuis des années!

Il est urgent d’agir !

 

Pendant 6 heures dans une ambiance de travail et de recherche constructive, les participants à cette initiative inédite de part la confrontation d’idées entre associations, mutuelles, syndicats et partis politiques, ont échangé et partagé les mêmes exigences d’élaborer des propositions alternatives dans quatre ateliers : l’accès aux soins et à l’action sociale ; quelle organisation des soins et de l’action sociale ; quel financement de la Sécurité sociale ; la situation en Europe.

De cette journée, s’est dégagé un consensus sur des exigences essentielles telles que la défense de l’hôpital public inséré dans un service de santé public de proximité, l’égalité d’accès aux soins et à l’action sociale sur tout le territoire avec la préservation et le développement de structures telles que les centres de santé, la défense des principes de solidarité, d’universalité, d’unicité de la Sécurité sociale et l’objectif du 100% de remboursement des soins.

La participation de soignants de Grèce et du Portugal a renforcé la détermination de toutes et tous à déployer la solidarité en France, notamment pour soutenir les dispensaires solidaires, et à tout faire pour renforcer la convergence des luttes en Europe comme à l’AlterSommet d’Athènes le week-end prochain.

 

Le 15 JUIN peut et doit être un moment fort de rassemblement pour porter ces propositions, pour exiger un financement de la protection sociale et de la sécurité sociale à la hauteur des besoins et pour un grand service public de santé et d’action sociale !

 

Collectif Notre Santé en Danger, Paris le 25-05-13

Contact : collectif.nsed@gmail.com

 

 

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 18:50

15-juin-remaquette.jpg

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 18:41

Forbach.jpg

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 18:35

Bilan réalisé par la DGOS, Direction Générale de l’Offre de Soins.

 

Les résultats de l’enquête nationale portant sur l’application de la réforme du diplôme d’Etat d’infirmier ont été présentés par la DGOS le 17 mai 2013 lors de la CHSCT (Commission d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail) du Conseil Supérieur de la FPH.

 

Le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC, Thierry Amouroux, est intervenu pour demander : 
 le remplacement du portfolio indigeste et chronophage (2h en début de stage, 2h à mi-stage, 2h en fin de stage) par un document simplifié, à l’exemple de ce qui est utilisé dans d’autres formations 
 le respect des engagements de l’Etat sur la prime individuelle de tutorat (le Projet de décret portant attribution d’une prime aux infirmiers exerçant les fonctions de tuteur avait été adopté lors du CSFPH du 30.06.11, mais le texte n’a jamais été publié au JO) http://www.syndicat-infirmier.com/P... 
 la valorisation du temps consacré au tutorat par les lieux de stage, sous forme de dotation en moyens de remplacement (suppléance) 
 une augmentation de l’offre de formation au tutorat, nombres de tuteurs n’ayant pas été formés, ou ayant juste bénéficié d’une séance d’information sur le nouveau programme 
 la création d’une véritable filière en sciences infirmières, avec une véritable licence (et non une simple reconnaissance de grade accolée au DE) et un niveau master (seules deux universités proposent un master infirmier)

 

La CFE-CGC a également dénoncé : 
 la ségrégation dont sont victimes les aides soignants en promotion professionnelle, que l’on oblige à reprendre leur ancien poste pendant les vacances d’été, au lieu de leur laisser ce temps pour réviser et assimiler cette reprise d’études 
 l’absence de volonté de permettre aux formateurs en IFSI d’acquérir un master 2 (financement de la formation, validation des acquis de l’expérience) 
 les cours théoriques dispensés par la fac de médecine sous forme de DVD, avec des cours destinés à des étudiants en médecine

 

Les commentaires suivants sont du ministère :

 

Perspectives de travaux 
 Evolutions de l’arrêté du 31 juillet 2009 (passages d’année, sessions de DEI) : juin 2013 ; 
 Stages : groupe de travail à partir de juin 2013 pour préconisations fin 2013 et mise en œuvre en 2014 ; 
 Suivi des étudiants et diplômés : évolution de l’enquête pour une meilleure lisibilité des cohortes, avec suivi particulier des promotions professionnelles ; 
 Modalités pédagogiques et évaluations : groupe de travail à mettre en place fin 2013, à partir des constats du bilan DGOS mais aussi de l’évaluation externe.

 

Bilan : stages 
 Effets positifs du partenariat entre IFSI et lieux de stages : accompagnement des équipes à la logique de construction des compétences, formations au tutorat, élaboration d’outils communs ; 
 Implication forte des tuteurs, des formateurs et des professionnels de proximité mais temps consacré à l’encadrement insuffisamment valorisé ; 
 Difficultés persistantes : capacités d’accueil insuffisantes, manque de professionnels formés au tutorat ; 
 Port folio, outil de suivi de l’étudiant, chronophage ; critères pas toujours compris de façon identique ; 
 Hétérogénéité des parcours de stages des étudiants, manque d’expérience en MCO pour certains avant la prise de poste ; 
 Complémentarité entre stages et travaux pratiques parfois difficile à organiser pour l’acquisitions de l’ensemble des actes et activités.

 

Bilan : unités d’enseignement 
 Intérêt des sciences humaines, contenus articulés avec les soins infirmiers, à mieux répartir sur les 3 ans ; 
 Approche par processus intéressante mais difficile, certains domaines à renforcer (pédiatrie, psychiatrie, liens entre thérapeutiques, pathologies et processus) ; 
 Enseignements des sciences et techniques infirmières très investis par formateurs et étudiants, collaboration avec les professionnels des lieux de stage ; 
 Unités d’intégration jugées très positives, donnant du sens au semestre et favorisant la démarche réflexive ; 
 Ressources inégales pour l’anglais et l’informatique.

 

Bilan : modalités pédagogiques 
 Intérêt pédagogique des travaux dirigés et du travail personnel guidé, points forts du référentiel mais parfois difficiles à organiser. 
 Evolution de la réflexion pédagogique au cours des 3 ans de mise en œuvre, notamment autour des unités d’intégration. 
 Référentiel jugé très intéressant, professionnalisant et enrichissant mais très dense, laissant peu de temps pour l’appropriation des connaissances. 
 Propositions d’actions : Articulations entre CM et TD à renforcer, approche par simulation à développer, suivi pédagogique à valoriser

 

Bilan : dispositif d’ évaluation 
 Diversité des modalités d’évaluation pertinente ; 
 Travail d’équipe sur le dispositif d’évaluation, harmonisation régionale, construction entre IFSI et universités ; 
 Intérêt des synthèses réalisées par l’équipe pédagogique pour les CAC et le jury de DEI ; 
 Mais nombre trop important d’évaluations, peu de regroupements effectifs et manque de temps pour les révisions.

 

Bilan : impact sur les conditions de travail 
 Intérêt pédagogique du nouveau référentiel, échanges avec l’université enrichissants, renforcement du rôle d’encadrement des équipes soignantes, implication forte de tous les acteurs ; 
 Augmentation de la charge de travail des équipes pédagogiques et administratives des IFSI : plus de travaux dirigés, complexité et individualisation des parcours, coordination avec l’université…. ; 
 Augmentation de la charge d’encadrement des équipes soignantes, dans un contexte tendu pour l’hôpital.

 

Bilan du référentiel infirmier,réalisé par le ministère, auprès des différents acteurs : 
 Directeurs d’IFSI et équipes ; 
 Etudiants ; 
 Universités ; 
 Fédérations d’employeurs ; 
 Régions ; 
 Agences régionales de santé ; 
 Directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) ; 
 Organisations syndicales.

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 18:21

Lundi 25 mai au soir, une de nos collègues d’Henri Mondor, proche de la CGT, jeune femme de 42 ans à choisi de se suicider. Nous adressons à sa famille ses enfants, ses proches, l’expression de notre profonde affliction devant cette tragédie et nos sincères condoléances.

 

L’USAP CGT reste attentive au suivi des familles et des équipes touchées par ces drames.

 

Le travail était auparavant un rempart contre les maux de la société et le lieu ou on se renforçait et affirmait son identité. Dans les contextes actuels de dégradation, celui ci ne joue plus ce rôle.

 

Quand on est mal au travail (et quelque en soit la raison) où l’on est souvent plus de 8, 10,12 heures, y compris la nuit auprès des patients, on trouve de moins en moins de ressources pour affronter les épreuves de la vie.

 

Notre collègue vient tristement grossir la cohorte croissante de suicides de personnels en exercice à l’APHP. Il s’agit d’un suicide par mois de janvier à mars 2013. Puis en avril 2013 : deux suicides et une tentative de suicide*, en Mai 2013: deux suicides et une tentative, les deux tentatives ont été faites sur le lieu de travail.

Déplorable record en peu de mois….et ce ne sont que les chiffres connus.

 

L’USAP CGT révoltée par l’absence de reconnaissance réelle de l’institution devant ce nombre croissant de suicides et de TS*, par le biais des CHSCT, à tiré la sonnette d’alarme auprès de la Direction Générale et de l’inspection du travail. Devant ce phénomène, nous ne pouvons plus nous taire ou le réduire à l’individualisation du passage à l’acte

 

Depuis 2010 avec une accélération en 2012, nous totalisons le triste chiffre de plus de trente suicides ou tentatives de suicide*, toutes catégories confondues, avec sur une période de 5 mois un nombre équivalent à celui (déjà inacceptable) d’une année entière !

 

L’USAP CGT par courrier dès décembre 2012 à demandé devant cette tragique montée en charge la mise en place d’un observatoire sur les suicides à l’APHP, et alerté la ministre de la santé. Nous avons réclamés des moyens concrets pour aider et lutter contre les phénomènes qui sont identifiés.

 

Aucune réponse de la ministre, aucune mesure concrète nouvelle à l’APHP, bien que la Directrice Générale nous ait répondu favorablement. De plus les médecins du travail sont de moins en moins nombreux. Ce qui a conduit le CHSCT central dès 2010 à poser un danger grave et imminent sur les services de santé au travail de l’APHP.

 

L’USAP CGT appelle tous les élus et mandatés CHSCT à se mobiliser pour le CHSCT extraordinaire du 7 Juin 2013 ( que l’APHP à mis 6 mois à nous accorder depuis décembre!) sur la souffrance au travail pour y exiger des moyens réels de protection des agents et l’analyse des conséquences des restructurations ,de l’intensification du travail, mises en place par les directions de l’APHP. Cela entraine chez les plus fragiles la perte d’estime de soi.

L’hôpital est devenu une usine de production de soins avec une gestion managériale d’entreprise à la clé. Nous n’avons plus un (e) ministre de la santé mais un (e) ministre à l’économie de la santé !

 

L’USAP CGT mettra tout en œuvre pour que nos collègues fragilisés et en souffrance qui prennent en charge au quotidien la maladie, la souffrance, la mort, qui sauvent tant de vie, trouvent à leur tour une reconnaissance au sein de l’hôpital et ne nous disent plus aussi nombreux : ADIEU

 

L’USAP CGT continuera à œuvrer pour la défense des intérêts des personnels, pour que l’APHP ne devienne pas le « France Telecom » de la santé

 

Paris le mercredi 29 mai 2013

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 19:44

Au nom de la croissance et de la réduction des déficits, le gouvernement espagnol accélère la privatisation du système de santé publique. Des fonds d’investissement en quête de « rentabilité élevée » s’emparent d’hôpitaux, sur fond de conflits d’intérêt et de scandales politico-financiers. Collectifs citoyens et syndicats dénoncent les conséquences désastreuses de cette privatisation : des patients mourant prématurément par négligence, un personnel soignant en pleine dépression, et des coûts au final plus élevés que ceux d’une gestion publique. Enquête sur un désastre en cours


« Partenariat public privé » : ce mode de gestion, appliqué au système de santé publique espagnol provoque des ravages, tant sociaux que sanitaires. 2 700 personnes seraient mortes prématurément en 2012 dans la région de Valence, selon un rapport de l’UGT, le premier syndicat espagnol. En cause : la dégradation des services, les coupes brutales dans les effectifs, et la gestion privée. « La santé de plus d’un million de valenciens est entre les mains d’organisations mercantiles privées qui s’introduisent dans le secteur de la santé publique dans le but explicite d’obtenir des bénéfices », dénonce le syndicat. Dans la région de Madrid, où la privatisation du secteur est également en cours, 7 500 postes de personnel soignant ont été supprimés depuis 2012. Soit plus de 10% des effectifs des hôpitaux madrilènes ! Dans la capitale, les listes d’attente s’allongent et la presse relaie de nombreux cas de négligences médicales.

 

Au nom de la réduction des coûts et de l’efficacité, le gouvernement de Mariano Rajoy (Parti populaire, droite) est en train de multiplier ces « partenariats public privé » dans la santé. Ils s’inspirent du système anglo-saxon des « Private Finance Initiatives » (PFI) qui vont bien au-delà, en terme de privatisation, que la délégation de service public pratiquée en France . Ces PFI ont été initiées en Grande-Bretagne dans les années 1990. Elles sont aujourd’hui accusées d’y avoir contribué à la dégradation du système de santé. L’hôpital Stafford au Royaume-Uni, qui a défrayé la chronique en février, est régi par ce système, comme 118 autres établissements de santé du pays. 1 200 patients y seraient décédés entre 2005 et 2008, victimes de mauvais traitements, de négligences de la part d’un personnel sanitaire peu qualifié et démotivé, et de conditions d’hygiène déplorables. D’autre part, ces PFI reviendraient beaucoup plus cher aux contribuables britanniques qu’une gestion publique. « Les pays qui voient arriver la compétitivité et les opérateurs privés dans leurs systèmes de santé devraient s’inquiéter », alerte, fin 2012, Göran Dahlgren, un ancien haut fonctionnaire de la Santé publique en Suède, pays qui a aussi développé des PFI.

 

Conditions de travail « inhumaines »

 

C’est justement du Royaume-Uni et de Suède que viennent deux des principaux acteurs de la privatisation du secteur de la santé espagnol. Le premier prestataire de soins sanitaires privé en Suède, Capio, est bien implanté en Espagne (et possède une vingtaine de cliniques en France). « Le profit encourage le travail dans le système sanitaire », clame son président, Thomas Berglund . Sa filiale espagnole, et ses six hôpitaux madrilènes, a été revendue début 2013 à un fonds d’investissement basé à Londres, CVC Capital Partners, qui affiche clairement cibler des secteurs à « rentabilité élevée ». Rebaptisé IDC Salud, le groupe compte s’emparer des prochaines concessions hospitalières mises sur le marché par le Parti populaire dans les régions de Madrid et de Castille.

 

Cette nouvelle vague de privatisation suscite une formidable levée de boucliers, relayée par le mouvement des indignés espagnols. Une pétition pour paralyser le plan de privatisation du gouvernement a récolté 900 000 signatures à Madrid et les manifestations se succèdent. La « Coordination anti-privatisation de la santé publique de Madrid » (CAS) , l’un des collectifs espagnols les plus actifs, a compilé les témoignages de personnels soignants décrivant leurs conditions de travail jugées « inhumaines » dans les nouveaux hôpitaux privatisés, sous régime PFI. « J’ai perçu mon transfert au nouvel hôpital comme la pire année de ma vie avec des relations délétères entre les travailleurs, une détérioration manifeste de la qualité d’attention aux patients », y confie un médecin urgentiste. « Parmi nous, il y a des professionnels très jeunes, en arrêt maladie depuis longtemps, sous traitement pour dépression. [...] Le nombre de fois où je les ai vu arriver au travail en pleurant... Ils sont suivis par le psychiatre de l’hôpital. [...] J’ai vu des médecins aussi partir chez eux en larmes, à cause de la pression », décrit une infirmière.

 

Des privatisations pour réduire les déficits ?

 

Pour justifier ces privatisations, les acteurs privés, soutenus par le ministère de la Santé, agitent l’épouvantail du déficit. « Nous défendons l’introduction de critères entrepreneuriaux dans la gestion de la santé publique pour pouvoir offrir une attention universelle, ce qui n’est pas le cas actuellement faute de moyens », affirme, lors d’une conférence de presse le 20 mars, Juan Abarca, PDG du groupe hospitalier privé HM Hospitales, l’un des principaux concurrents de Capio, et président d’une structure qui défend les intérêts de la gestion privée (IDIS, Institut pour le développement et l’intégration du secteur de la Santé). L’IDIS prétend que le secteur public a accumulé une dette auprès des prestataires privés de 4,1 milliards d’euros. Et dans le même temps, le gouvernement cherche à économiser 7 milliards d’euros par an dans la santé.

 

Malgré les critiques du système de gestion PFI ailleurs en Europe, et le mouvement de protestation en Espagne, le gouvernement s’obstine. Pourquoi vouloir appliquer coûte que coûte cette formule controversée ? « Parce qu’il est lui-même dans le business ! », s’insurge Carlos Barra, médecin dans un hôpital public de la banlieue de Madrid, qui a travaillé pendant treize ans pour le ministère de la Santé publique. Conflits d’intérêt et pantouflages sont effectivement au rendez-vous. Deux ex-conseillers à la Santé publique de la communauté autonome de Madrid, Manuel Lamela et Juan José Güemes, sont devenus cadres au sein de deux entreprises privées (Assignia Infraestructuras et Unilab) qui ont opportunément obtenu les concessions pour gérer, respectivement, l’hôpital Tajo d’Aranjuez, au Sud de Madrid, et les laboratoires d’analyses de six hôpitaux madrilènes.

 

Scandales politico-financiers

 

Le gouvernement de Madrid avait également attribué en 2005 les licences de construction et de gestion privée de huit nouveaux hôpitaux à des conglomérats composés de banques et de groupes du BTP. Ces derniers sont désormais dans le collimateur des juges qui enquêtent sur deux retentissantes affaires de corruption, l’affaire Gürtel et l’affaire Barcenas, dans lesquelles sont impliqués de hauts dirigeants du Parti populaire et plusieurs de ces entreprises de la construction.

 

Des présomptions d’évasion fiscale planent également : avec l’aide d’économistes et d’avocats, la Coordination anti-privatisation a découvert que CVC Capital Partners, le fonds d’investissement qui possède, via la filiale IDC Salud, six hôpitaux madrilènes, dissimulerait des bénéfices dans les Îles Caïmans par l’intermédiaire de sociétés écrans. La plus grande opacité règne autour des comptes de ces entreprises et aucune commission internationale rogatoire n’a été requise pour y accéder.

 

Collectifs, syndicats et mouvements sociaux, comme la Coordination anti-privatisation, redoublent d’énergie pour endiguer ces accaparements spéculatifs des services de santé par ce qu’ils nomment des « fonds charognards ». Leur cheval de bataille : la révocation de la loi 15/97 sur la « modernisation du système de santé publique » qui autorise légalement l’entrée de fonds spéculatifs dans la santé. « Pour nous, une véritable gestion publique consisterait à appliquer un contrôle citoyen sur la gestion de ce service, en particulier une plus grande transparence des budgets alloués aux hôpitaux et qui sont en définitive payés par les contribuables », estime Antonio Gómez, médecin traitant au dispensaire du quartier de Vallecas, à Madrid.

 

Coopératives et autogestion

 

Collectifs citoyens et syndicats ont publié plusieurs études montrant que l’assistance médicale spécialisée dans un établissement privé coûte 16% à 27% plus cher que la même prestation proposée par l’administration publique. Le coût d’un lit hospitalier serait 74% plus onéreux dans le privé. Autre cible : la Commission européenne qui soutient de fait cette stratégie de privatisation, accélérée grâce aux plans d’austérité. Pour Berta Iglesias, de l’ONG Ecologistas en Acción, il n’y a qu’à lire le dernier programme européen « La santé en faveur de la croissance » (publié en novembre 2011) pour comprendre que Bruxelles pousse les États membres à « œuvrer en faveur de l’économie financière et non du bien-être social »

 

Au-delà des résistances, la Coordination anti-privatisation commence à s’intéresser aux alternatives apparues en Grèce, notamment les dispensaires sociaux solidaires. En Catalogne, des « communautés citoyennes autogérées » (ecoxarxas) sont en train de mettre en place un système de coopératives de santé publique. Spéculateurs et « fonds charognards » ? ¡ No pasarán !

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 11:51

Voilà plus de six mois que je suis au CHU, et je n’y arrive toujours pas. C’est pourtant la base de mon travail. Je suis de cette génération presque née avec un clavier entre les mains, et je n’arrive pas à faire des prescriptions informatisées sécurisées, fiables et conformes.

 

Autrefois, l’interne des services de médecine écrivait ses prescriptions sur une pancarte, qu’il mettait à jour à midi et qu’il tendait à l’infirmier ou l’infirmière (IDE). En parallèle, il remplissait une ordonnance qu’il transmettait à la pharmacie hospitalière.

 

« Autrefois », au CHU de Montpellier, ça remonte à il y a environ un an, avant que le nouveau directeur ne « choisisse » un système informatique intégrant tout le dossier du patient, de l’imagerie aux prescriptions.

 

Il a imposé son déploiement en moins de trois mois dans les services de médecine conventionnelle, à l’aide de formateurs (des informaticiens eux-mêmes formés sur le tas).

 

Ce déploiement s’est donc fait dans la plus grande confusion, sans concertation et sans que les responsables administratifs du CHU ne daignent écouter les critiques faites à ce système informatique. Coût de l’installation : 31 millions d’euros en dix ans. Soit environ 100 postes d’infirmiers.

 

Vérifier, imprimer, faxer

 

Pour illustrer mon propos, je vous propose de me suivre le temps d’une journée type dans le service de médecine où je travaille.

 

Arrivé à 9 heures, je prends la relève de l’interne de garde. Au lieu de faire un point avec les infirmières qui sont là, grâce au beau logiciel tout neuf, il me suffit d’aller lire l’onglet « Transmissions » pour chaque patient.

 

Matthieu V. est interne en médecine au CHRU de Montpellier. Il a voulu témoigner sur un logiciel utilisé dans son hôpital, « DX Care » : « Ce logiciel a épuisé tous les internes, et probablement aidé à mourir un ou deux patients. » Rue89

 

Le menu déroulant est parfait, sauf que les transmissions datent de plusieurs heures. Les chambres sont équipées d’un ordinateur, c’est vrai, mais il est réservé aux loisirs des patients ; il ne permet pas de saisir en temps réel sa température, sa tension, sa fréquence cardiaque et respiratoire, son poids, etc.

 

A l’ancienne donc, il faut courir après l’infirmier pour récupérer ces informations, si l’on veut ensuite organiser la visite des patients – les plus graves en premier.

 

Un logiciel qui « oublie »

 

9h45, premier patient. Il a de la fièvre à nouveau. L’examen clinique est normal, mais ce patient est en aplasie, il n’a pas de globules blancs. Il doit recevoir d’urgence un antibiotique qui tape sur les germes les plus fréquents.

 

Faisons le point sur les antibiotiques qu’il reçoit. Surprise, la réponse est « aucun », alors qu’il a déjà eu de la fièvre deux semaines auparavant ; le logiciel a « oublié » l’arrêt de la prescription au bout de dix jours.

 

Pour ce qui est de ses prélèvements microbiologiques, j’en ai pour quinze minutes montre en main pour tout éplucher. Les compte-rendus sont classés dans trois onglets de façon chronologique. Mais tout est mélangé : les examens positifs et négatifs, les urines, le sang, la peau ou les crachats... Au final, je prescris de nouveau le médicament, pour une durée déterminée évidemment, en « empirique ».

 

Mais avant que le patient n’ait sa dose, il se passe encore deux heures : impression de la prescription, fax à la pharmacie et acheminement dans le service... Si le logiciel était si efficace, une alerte sortirait directement à la pharmacie.

 

Des prescriptions que je n’ai jamais faites

 

La visite se poursuit : nous avons là une patiente qui a besoin d’insuline en continu. Le logiciel propose des injections directes, lentes, ou même en continu, des injections directes sous condition, des injections lentes sous condition... Mais pas d’injection en continu sous condition. Celle qu’il faudrait en somme. Nous revoilà donc à écrire un protocole sur une feuille de papier, que l’on scotche sur un mur dans la chambre du patient.

 

Un peu plus loin, on a besoin d’adapter une dose de morphine car elle est insuffisante pour le patient. Hélas, avec le logiciel, impossible de déterminer quelle dose il a reçu au départ. Sur le même écran, je lis « ampoule de 50mg » et « 30 mg par 24h ». L’idée, c’était de mettre 30mg, préparés à partir d’une ampoule de 50mg, mais vu l’affichage, impossible de savoir sur quelle ligne l’infirmier s’est appuyé pour appliquer la prescription.

 

Poursuivant ma journée, je tombe sur une prescription à mon nom. Or, je n’aurais jamais pu la faire, car je ne crois pas en l’effet thérapeutique du médicament qui y est donné. L’explication – et il nous a fallu quelques mois avant de comprendre – nous ramène encore au logiciel.

 

Quand je quitte un poste de travail en me déconnectant du logiciel mais sans me déconnecter du logiciel qui permet de se connecter au logiciel (vous me suivez ?), et qu’un collègue prescripteur passe derrière moi avec son propre identifiant, eh bien, je vous le donne en mille : il se trouve sur ma session et peut prescrire avec ma signature électronique. Imaginez une seconde qu’une erreur de prescription conduise à un décès…

 

Impossible de prescrire des soins

 

Ma visite se termine, je vais récupérer les résultats des bilans sanguins, et prescrire les transfusions. Comme toujours, impossible d’utiliser le logiciel ; il faut refaire les prescriptions sur papier et les faxer à l’infirmière. Sans pouvoir suivre sur le superlogiciel ce qui a été reçu, à quelle heure, etc., autant de paramètres fondamentaux pour la gestion des effets secondaires au jour le jour.

 

L’après-midi dans le service, le travail est moins bien organisé, mais les exemples d’interactions avec notre logiciel ne manquent pas pour autant. Quelques exemples encore, dans le désordre.

 

Pour préparer la sortie d’un patient, on utilise les ordonnances informatisées, ce qui permet de garder une trace dans le dossier médical informatique. Sauf qu’avec le logiciel, il est possible de prescrire des médicaments, tout ce que l’on veut, mais pas le matériel ou les soins infirmiers. Pas de lit médicalisé donc, pas de pied à perfusion ni de séances de kinésithérapie.

 

Si un patient arrive aux urgences, on peut consulter des éléments de son dossier médical informatisé, mais tous les courriers des correspondants – les comptes-rendus des examens réalisés hors de l’hôpital, par exemple – ne sont pas scannés.

 

Du temps médical perdu

 

Voilà en 2013 la galère dans laquelle nous met un logiciel, certes très complet, mais qui n’est pas instinctif dans son utilisation, et guère sécurisant quand il est utilisé dans l’urgence et la pression d’un service de médecine.

 

Il a beau être « le meilleur logiciel de prescription et de dossier médical informatisé » d’après le directeur de l’hôpital, au final c’est beaucoup de temps médical perdu, des heures qui ne seront pas passées au lit du malade.

 

C’est aussi peut-être l’une des plus belles illustrations du paradoxe de Solow :

 

« L’introduction massive des ordinateurs dans l’économie, contrairement aux attentes, ne se traduit pas par une augmentation statistique de la productivité. »

 

Source: RUE89

 

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