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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 17:31

 

 

 

 

Com de presse St Sébastien

 

 

Lettre aux familles

 

Lettre aux familles

 

Tract Saint-Sébastien en grève

 

 

Tract

 

Pour prendre connaissance des revendications des personnels

cliquez sur l'image ci dessous

 

Revendications 1

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Published by sud-chu-caen - dans Hôpital en lutte
13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 17:13

Depuis le 9 juillet les accouchements sont suspendus à la maternité de Vire. L'ARS et la direction de l'hôpital rêvent de fermer une partie de cet hôpital de proximité depuis plusieurs années : une première étape ?

 

« Mais non ! nous assure-t-on, la main sur le cœur ! Il suffit de recruter 2 gynécologues-obstétriciens supplémentaires avant le 1er novembre pour que tout rentre dans l'ordre. »

 

La date butoir est reportée au 17 janvier 2013 suite à une forte mobilisation de la population par le Collectif, soutenu par les élus. Une manifestation rassemblant près de 2000 personnes a eu lieu le 1er septembre, une journée de mobilisation le 6 octobre a réuni plus de 1500 Bas-Normands...

 

L'ARS est revenu aussi sur sa volonté de fermer 2 maternités dans le Calvados via le Plan Régional de Santé.

 

Alors, c'est gagné ?

 

Et bien non !

 

Il faut toujours 2 gynécologues-obstétriciens car, malgré 2 mois supplémentaires et une quinzaine de candidatures, la direction de l'hôpital n'a toujoiurs pas recruté un seul médecin supplémentaire.

Que voulez-vous ! Notre région n'est pas attractive, les médecins ne sont plus ce qu'ils étaient : aujourd'hui ils sont mercantiles, instables, mal formés...

Bref ! Le discours voudrait nous amener doucettement vers l'acceptation de la fermeture...

 

Et nous la refusons toujours

 

Nous serons à Paris les 17 et 18 décembre, nous manifesterons le 12 janvier à Vire : pour fêter la réouverture du service maternité dans sa totalité ou pour marquer notre envie de continuer la lutte...

 

vous pouvez trouver des informations supplémentaires sur le site facebook : non à la fermeture de la maternité de Vire

 

Merci pour tout - Rosine - Contact : boudchoum@wanadoo.fr

 

Nous avons organisé la programmation suivante :

 

> lundi 17 décembre : arrivée au Ministère de la santé entre 10 h 30 et 11h

 

> remise à l'accueil du courrier envoyé à Coordination (envoi ce jour)

 

> 11 h 30 rdv devant le Ministère de la santé pour une conférence de presse conjointe avec la coordination

 

> présence à la sortie des personnels à midi et 13 h avec distribution d'un tract sur notre situation et nos revendications

 

> 14 h 30 rdv devant l'Assemblée nationale pour une distribution et un vin chaud !

 

> 16 h rdv devant Matignon

 

> mardi 18 décembre : présence devant le Ministère de la santé à l'ouverture des services (8-9 h )

 

> entre 9 h 30 et 10 h rdv devant TF 1 et France 2 pour témoignage et contact

 

> 12 h à 13 h présence devant le Ministère de la santé

 

> de 14 30 à 17 h présence devant des établissements hospitaliers , symboles des luttes de la Coordination comme les Bluets , l'Hôtel Dieu..., etc , pour évoquer notre situation et notre solidarité

 

> 18 h point presse devant le Ministère de la santé sur les effets de l'action et départ

 

> contact tel : 0631878092 Gérald leverrier - 0689748578 Lionel Fize

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Published by sud-chu-caen - dans Hôpital en lutte
12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 17:14

 

 

Suite à notre réunion des adhérents du 30 novembre voici des informations concernant la situation à l'hôpital Jean Hameau (Arcachon) et le futur Pôle de Santé Public-Privé:

 

-rappel, l'équipe de direction est passée de 2 à 4 ( alors que les restrictions pénalisent cruellement les personnels) et le Directeur général Pdt du GCS (Groupement de Coopération sanitaire) est missionné pour préparer le Pôle de Santé.La clinique d'Arcachon (Bordeaux Nord) ne s'occupe de rien et bénéficie de prestations publiques pour son installation (comme tous les établissements privés dans le même cas).

 

==> c'est une voie royale pour le privé car l'activité chirurgicale est en baisse à l'hôpital (départ de chirurgien non remplacé, les prévisions sont pessimistes, je dirais bien orchestrées...) ce qui va leur permettre de doubler leurs lits et d'avoir un secteur lucratif très intéressant (avec dépassements d'honoraires bien entendu).

-la Direction de l'hôpital vient de perdre son procès avec le syndicat CGT devant le Tribunal de Grande Instance pour refus de communiquer les éléments concernant l'organisation du Personnel dans le prochain pôle, au CHS CT (Comité d'hygiène et de sécurité et des conditions de travail). C'est l'omerta dans les différentes instances et le personnel est très inquiet. Au niveau des usagers cela renforce nos craintes pour l'accès aux soins pour tous dans un Pôle de Santé ou les structures publiques seront très affaiblies.

 

La cardiologie déjà amoindrie sera regroupée au niveau d'un service de soins intensifs commun (la réanimation n'existe plus)

-nous espérons que l'expertise qui devrait avoir lieu suite à la décision de justice permettra,entre autres, de lever le voile sur un aspect financier bien obscur qui comporte de gros risques pour l'hôpital.

-un point très positif mérite d'être mentionné, l'unité de pédiatrie fonctionne enfin en continu; elle sera renforcée de 4 lits à 8 lits dans le Pôle avec le souhait de l'effectif nécessaire....

 

LE POLE

 

-devrait être terminé fin 2012 comme prévu

-"une marche à blanc" suivra jusqu'à l'ouverture courant mars....si la prestation du constructeur Eiffage est plus satisfaisante qu'au CH de Corbeil Eissonnes dont les malfaçons et les dysfonctionnements sont extrêmement pénalisants et coûteux.

Nous allons avoir un rôle primordial à jouer pour garantir les prestations publiques dans ce nouvel établissement, en luttant contre les dépassements d'honoraires et pour garantir le maintien et le renforcement des structures hospitalières dans ce contexte général de casse du secteur public au profit du privé, au détriment d'une partie grandissante des usagers.

 

 

 Il s'agit bien d'une victoire syndicale et pas des moindres. Nous espérons que l'expertise prévue aura bien lieu et apportera des précisions,en plus de l'organisation des personnels, sur un financement public qui profite à la clinique (elle a bénéficié de subventions publiques sur la part qui lui incombe, ce qui semble être le cas des autres fusions public-privé).

Dans l'avenir du pôle si la clinique présente des difficultés de fonctionnement donc financières c'est l'hôpital qui en supportera le coût....

je peux rajouter:

 

-qu'au niveau des services le privé et le public seront différenciés par des couleurs différentes...et leur personnel spécifique.

-les urgences et le smur resteront dans le secteur public mais l'orientation vers le privé ou le public risque d'être épique...

-la gestion des services communs, cuisine, stérilisation, pharmacie n'est pas encore définie ou divulguée..

 

J'ai fait part de ces informations lors de la dernière réunion de NSED avec B Coadou.Elles peuvent être diffusées.

La date de l'inauguration n'est pas encore connue, nous envisageons une action la plus unitaire possible.

 

Amicalement.

 

Jeannine Tranquard

c.tranquard@free.fr

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Published by sud-chu-caen - dans Un monde de luttes
6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 17:21

 

 

 

 

CH Sarlat

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Published by sud-chu-caen - dans Hôpital en lutte
29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 18:10

 

Pour télécharger ou lire le document en PDF, cliquez sur celui ci

 

 

Affiche nuit

 

 

 

Tract personnel jour

 

Tract nuit personnel jour 1

Tract nuit personnel jour 2

 

 

Tract personnel nuit

 

 

Tract nuit personnel nuit 1

 

Tract nuit personnel nuit 2

 

Pétition et courrier D.G

 

Courrier DG et pétition

 

 

Document direction sur la réorganisation du travail de nuit

 

Réorganisation de la gestion

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Published by sud-chu-caen - dans Luttes au CHU de Caen
28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 10:22

LE MONDE | 26.11.2012 à 12h25 • Mis à jour le 26.11.2012 à 12h30Par Benoît Vitkine (Thessalonique, Grèce, envoyé spécial)

 

C'était en 2009, il y a une éternité. L'époque où l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) jugeait le système de santé grec "relativement efficace", l'époque où les médecins de Thessalonique avaient réussi à soigner le mélanome dont souffrait Mme I. Trois ans plus tard, quand le cancer est revenu, ils n'ont pas même essayé.

C'est M. I. qui raconte. Anonymement, par peur de "représailles" : "Les médecins ont prescrit un traitement à ma femme, mais comme les dépenses engagées étaient potentiellement lourdes, celui-ci devait désormais être validé par une commission de médecins et de responsables de l'administration. Cette commission a refusé le traitement, et quand je suis allé chercher les résultats, l'un de ses membres m'a pris à part : "Nous avons dû faire un choix, et nous allons garder l'argent pour soigner des enfants. Votre femme a 62 ans, laissez-la donc mourir à la maison"."

Le cas est extrême, isolé, mais partout dans les treize hôpitaux de Thessalonique, la deuxième ville de Grèce, des médecins "jouent à Dieu", selon le mot de Leta Zotaki, chef du service de radiologie de l'hôpital de Kilkis, au nord de la ville." Quand le papier radiographique manque, on décide de qui a le plus besoin de l'examen, on fait du troc avec les autres hôpitaux, ou bien on demande aux patients d'acheter le matériel", explique cette syndicaliste, qui a elle-même vu son salaire de 4 000 euros divisé par deux et dont les gardes ne sont pas payées depuis le mois de mai.

Sur la porte d'une salle de l'hôpital, des infirmières ont accroché une affichette :"N'apportez pas de chocolats à vos proches, achetez-leur du papier toilette." Tout manque : gants en latex, compresses, réactif pour les examens sanguins, cathéters... Seule consolation, les employés des hôpitaux publics ont pour l'heure échappé aux mises au chômage technique qui sont monnaie courante dans d'autres secteurs publics. Mais les médecins partis – en retraite, dans le privé ou à l'étranger – ne sont pas remplacés : à Kilkis, on est passé de 160 à 125 praticiens.

 

EN RÉPONSE AUX INJONCTIONS DE LA "TROÏKA"


Dès avant le début de la crise, les caisses d'assurance-maladie grecques étaient structurellement déficitaires. Tous les deux ou trois ans, l'Etat les renflouait. Mais depuis 2009, en réponse aux injonctions de la "troïka" (UE, FMI, BCE) et dans l'espoir d'équilibrer les finances du pays, les dépenses publiques dans le domaine de la santé ont subi une diminution de 32 %. Et la situation s'est dégradée à mesure que le chômage augmentait (25 % en novembre) et que le nombre de cotisants diminuait.

L'hôpital public, qui avait déjà subi des coupes budgétaires de 40 % entre 2007 et 2009, est entré dans la crise en situation de grande faiblesse. Pour tenter de rétablir les comptes, les patients se sont vu demander un paiement forfaitaire de 5 euros (passé à 25 euros dans le budget voté à l'automne) pour toute consultation, puis une participation variable aux frais médicaux. Sans compter, parfois, la fakelaki, l'"enveloppe" de quelques billets qui fait office de coupe-file et atterrit directement dans la poche du médecin.

Les chômeurs, eux, ne sont plus couverts un an après la perte de leur emploi et doivent s'acquitter de la totalité des frais médicaux. Le plus souvent, ils ne soignent pas et attendent que les pathologies s'aggravent pour finalement se rendre aux urgences. Les admissions y ont bondi d'un tiers. Les unités de soins intensifs sont également débordées : les syndicats estiment que 30 à 40 personnes sont chaque jour privées d'accès à ces services.

L'autre solution, pour les malades désargentés, paraît bien dérisoire. A Thessalonique, elle se trouve rue Ionos-Dragoumi, un appartement anonyme sommairement transformé par Médecins du monde (MDM) en cabinet de crise. Une cinquantaine de personnes patientent jusque dans les escaliers avant d'être examinées par des médecins bénévoles à la mine épuisée, qui soignent les petites pathologies, distribuent des médicaments, assurent des vaccinations, se muent en psychologues ou en travailleurs sociaux.

 

NOUVELLES PATHOLOGIES LIÉES À LA MALNUTRITION DES ENFANTS


"Il y a dix ans, nous avons ouvert le centre pour soigner les migrants de passage, raconte Sofia Garane, la jeune directrice de cette antenne locale de MDM. Avec la crise, le nombre de patients a été multiplié par dix et les Grecs sont devenus majoritaires." Despina Ioanidou, 48 ans dont huit de chômage, vient régulièrement chercher des médicaments pour soigner son dos et sa dépression. "J'ai à peine de quoi payer mon électricité et ma nourriture, comment pourrais-je consulter un vrai docteur ou même aller à l'hôpital ?"

Depuis deux ans, les médecins de la rue Dragoumi ont aussi vu apparaître de nouvelles pathologies liées à la malnutrition des enfants. Dans tout le pays, des maladies oubliées ont fait leur retour, comme le paludisme ou la tuberculose.

Totalement à plat, le système de soins grec frise l'explosion. Celui de la distribution de médicaments ne va guère mieux. En retard sur les remboursements, l'Etat doit près d'un milliard d'euros aux laboratoires et aux pharmaciens. Ces derniers, sachant qu'ils ne seront pas remboursés ensuite par les caisses d'assurance-maladie, refusent très majoritairement de fournir gratuitement les médicaments aux patients.

Les malades doivent dès lors avancer les frais, comme Panagiota C., qui a dû débourser 100 euros pour ses anticoagulants et attendre six mois avant d'être remboursée, ou errer à la recherche d'un hôpital ayant le remède en stock. Selon l'association pharmaceutique panhellénique, 300 médicaments sont désormais quasi introuvables et la situation est particulièrement grave pour les traitements cardiaques et contre le cancer. Quant aux laboratoires, ils menacent de suspendre les approvisionnements. Début novembre, le groupe

Merck a annoncé qu'il cessait de fournir l'anticancéreux Erbitux aux hôpitaux en retard de paiement.

 

"ON VA TUER LE SYSTÈME SANS LUI PERMETTRE DE SE RÉFORMER"


Les médicaments : voilà la solution, pour Stavros Baroutis, administrateur de l'hôpital Agios-Dimitrios, dans le centre de Thessalonique. En faisant passer de presque 0 % à 47 % la part de génériques utilisés dans son établissement, M. Baroutis a pu limiter les dégâts et supprimer "seulement" 80 lits.

"La non-utilisation de génériques avant la crise est révélatrice des manques de notre système de santé", estime-t-il, égrenant la liste interminable de ses "excès" : aucune souplesse quant à la fermeture de services ou la diminution du nombre de lits ; matériel de pointe acheté au prix fort puis laissé à moisir dans les caves des hôpitaux ; absence de dossier médical ; examens réalisés en double ou en triple ; médecins trop nombreux ; gaspillage des petits consommables...

"Cette crise aurait pu être l'occasion de remettre ce système à plat, explique M. Baroutis en trottinant dans les couloirs mal éclairés de son hôpital. Mais la purge est telle, les coupes si violentes, que l'on va tuer le système sans lui permettre de se réformer."

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Published by sud-chu-caen
28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 10:07

 

 

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Marseille

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Published by sud-chu-caen
27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 18:20

 

 

 

EPSM les catégories C se mobilisent

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Published by sud-chu-caen
25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 18:58

Dans ces centres de santé mutualistes, les médecins qui ont refusé de passer au paiement à l’acte sont licenciés. Les patients luttent à leurs côtés.

 

 Dans la salle d’attente du centre de santé de Gardanne, ville minière des Bouches-du-Rhône, Muriel a rendez-vous avec son généraliste. Depuis dix-huit ans, elle ne met plus les pieds chez un médecin libéral. Dans le privé, « on nous regarde comme des portefeuilles », dit-elle. Elle avait l’impression d’y être « une cliente et non une patiente ». Dans son centre mutualiste, elle expérimente des valeurs de solidarité qui se perdent.

 Ne pas avoir de rapport d’argent avec son médecin rend « incontestablement la relation plus humaine », poursuit Muriel.

Plusieurs fois ces derniers mois, elle et son mari ont défilé pour sauver cette médecine mutualiste, où le docteur est salarié et ne gagne pas sa vie en fonction du nombre d’actes qu’il facture. Une médecine entièrement alignée sur les tarifs plancher du secteur 1 de la Sécu, c’est-à-dire sans aucun dépassement d’honoraires, et pratiquant le tiers payant, c’est-à-dire la dispense d’avance de frais. A l’heure où la ministre de la Santé combat les dépassements excessifs, ces centres représentent un modèle à promouvoir. Las, ils périclitent.

Une consultation toutes les douze minutes.

 

Faute lourde

 

Jean-Pierre Casanova, médecin spécialiste et membre de la direction du syndicat des médecins, est convoqué ce vendredi en vue d’un licenciement pour faute lourde. Motif ? Avoir dénoncé publiquement la « circulaire de la honte ».

 

Dans une lettre à la présidente de GCM, il expliquait que l’attestation de Sécurité sociale suffisait pour vérifier que la personne est à jour de ses droits et qu’il n’était pas nécessaire d’exiger la carte Vitale. Il demandait que les médecins soient prévenus si leurs patients sont refoulés.

 

Dominique Eddi, le porte-parole des médecins en voie de licenciement au Grand conseil de la mutualité, explique qu’ils ont refusé la proposition de la direction de passer d’une rémunération « à la fonction » à une rémunération « à l’acte », et préféré être licenciés parce que faire dépendre leurs revenus de leur productivité est contraire à l’article 97 du code de déontologie médicale.

 

De plus, pour conserver leur rémunération actuelle, il aurait fallu, a calculé le docteur Eddi, faire une consultation toutes les douze minutes au lieu d’une toutes les 20 à 25 minutes actuellement (puisque la direction proposait 7,79 euros par consultation) :

 « Si j’accepte ça, je vais faire une médecine de merde. Vous toussez, et bien prenez un antitussif et tant pis si vous avez la tuberculose. »

 

Très en colère, l’homme à la mèche grise et folle assure que depuis 33 ans, il pratique une « médecine sociale et solidaire » – comme on dit de l’économie – et n’a pas l’intention de s’arrêter.

 

Le médecin Dominique Eddi:

 « Médecin rouge » installé sur une terre ouvrière à l’occasion d’une « rencontre avec le mouvement social », il met l’accent sur la prévention. Passer du temps à questionner ses patients, travailler en groupe, cela a permis par exemple de révéler le scandale de l’amiante, témoigne le docteur Jeanne Rossi, généraliste à Port-de-Bouc, et active dans l’Association médicale pour la prise en charge des maladies éliminables (APCME).

 

« Nos patients nous interpellaient sur leurs pathologies et grâce à la mise en réseau et à une relation fusionnelle avec eux, on s’est rendu compte du lien des entre leurs pathologies et leur environnement. »

 

Public précaire

 

Les centres mutualistes de GCM soignent 10% de la population des Bouches-du-Rhône, 200 000 patients parmi les publics les plus précaires.

 

En comparaison avec la moyenne du département, la « patientèle » de ces centres compte 20% de malades en affection longue durée, de personnes âgées et de CMU (couverture maladie universelle) supplémentaires, selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociale (Igas).

 

Le Grand conseil de la mutualité (GCM), qui rassemble les mutuelles de Provence, est au bord du dépôt de bilan, et ses centres de santé populaires avec. Une mauvaise gestion, ajoutée à des coûts structurellement élevés (secrétariat, gestion, informatique...) ont abouti à un déficit colossal (27 millions d’euros de passif cumulé), et au licenciement de 33 des 42 généralistes.

 

Certes, le tiers payant coûte cher en trésorerie (plus de 3 euros par acte, selon une étude des Mutuelles de France).

 

Certes, le fait d’exercer une médecine plus lente (20 à 25 minutes par patient) a aussi un coût.

 

Mais cette lenteur permet aussi de ne pas multiplier les actes, de moins prescrire, d’agir en prévention... et, in fine, fait faire des économies à la Sécu !

 

« Un malade chronique, je lui fais ses ordonnances pour six mois et ça lui évite de revenir... Le dépistage du cancer du colon, je ne suis pas payée pour le faire, mais je le fais quand même. »

 

Des exemples comme ceux-là, le docteur Catherine Roncin, généraliste au centre GCM de Gardanne, en a beaucoup.

 

Aujourd’hui licenciée, elle ne s’inquiète pas pour son avenir mais pour celui de ses patients. Son préavis de licenciement s’achève le 7 décembre, et ce jour-là, elle ne sait pas ce que vont devenir ses patients, qu’elle doit informer elle-même de la suite - dont elle ne sait rien.

 

La direction cherche à recruter d’autres médecins, mais « il y a peu de chances qu’elle en trouve, la dernière fois qu’elle a fait venir des médecins roumains en remplacement, ils ne sont pas restés. Il faudra en faire venir de Cuba », témoigne son collègue généraliste, Pierre Imbault.

 Les médecins mis au chômage imaginent un centre de santé municipal géré en coopérative et impliquant les usagers, sous l’égide de l’association des amis de la médecine sociale et mutualiste. Pour Christian Saout, président de l’association le CISS, qui représente des usagers, une telle alliance « serait formidable » :

 

« Ce serait l’antidote social à la privatisation de la santé. Et le moyen juridique existe avec les sociétés coopératives d’intérêt collectif, les SCIC. »

 

Dans la plupart des villes concernées (Martigues, Port-de-Bouc, Berre, Gardanne, Miramas), les élus réfléchissent à soutenir ces projets.

 

Une médecine non-sélective

 

L’ambiance s’était déjà nettement dégradée depuis le 1er novembre, date à laquelle est parue une circulaire demandant que ne soient plus soignés les patients sans carte Vitale – première entorse à la politique de non-sélection des patients. La mutuelle a beau jurer que « jamais » elle ne refusera de soigner, n’empêche, des patients qui fréquentent ces centres depuis des décennies ont bien été refoulés, « dans des crises de larmes », témoigne le docteur Eddi.

 Fatiah Terki, issue d’une famille de quatorze enfants, où l’on sait ce que se priver de soins veut dire, se mobilise pour ces centres, car « c’est ce qu’on laisse à nos enfants ». Après avoir longtemps erré de médecin de ville pressé en kiné incompétent, cette mère de trois enfants, dont une asthmatique, a rencontré les équipes pluridisciplinaires du centre mutualiste de Septème-les-Vallons et défilait à Marseille le 6 novembre pour sauver leur emploi :

 

« Pendant des années, je me suis demandé pourquoi je payais la Sécu alors que je n’étais pas bien soignée. Je devais revenir deux fois quand j’avais la grippe avant d’avoir un arrêt maladie.

 

C’est mon employeur qui me disait de retourner chez le médecin pour ne pas contaminer les enfants... Avec mon médecin mutualiste, j’ai appris les techniques de kiné respiratoire et ça m’évite des consultations en urgence. »

 

Avec la déconfiture du Grand conseil de la mutualité, c’est toute une page de l’histoire sociale française qui est en train de se tourner. Au début des années 2000, les mutuelles ont entamé une lente « dérive assurantielle » : au nom du droit européen, un nouveau code de la mutualité est entré en vigueur, séparant la partie assurance de la gestion des structures sanitaires et sociales. Le docteur Eddi se souvient :

 

« Avant, à la mutuelle de Martigues, on avait 3 000 adhérents, la démocratie directe fonctionnait, tout le monde se connaissait. Mais l’absorption des petites par les grosses a tout changé. »

 

  Retrouvez l'article de RUE89 ici

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 18:51

Depuis quelques mois les premiers retours d’expériences du travail en amplitude de 12 heures quotidiennes ne semblent pas satisfaire les professionnels. Le blog FO-santé a posé cinq questions à trois infirmières qui travaillent ainsi depuis plus d’un an. Leurs réponses pourront éclairer ceux et celles qui voient dans cette forme d’organisation une solution aux maux actuels du temps de travail à l’hôpital.

 

12 heures de travail : un an après, trois infirmières témoignent !Cet article, partagé avec la communauté d’Infirmiers.com par le blog FO-santé que nous remercions de cet échange, est paru le 14 novembre 2012.

 

Le blog FO-santé a recueilli dans la semaine du 5 au 9 novembre 2012 les témoignages de trois infirmières diplômées d’état : Annie, 59 ans, Fanny 30 ans et Elodie 25 ans.

 

 

 

Il y a un plus d’un an, vous étiez favorable à une organisation de la journée du travail en 12 heures. Pouvez-vous expliquer aux lecteurs du blog ce qui motivait cette demande ?

 

Annie - Au départ je n’étais ni pour ni contre le travail en 12 h, on nous a proposé de faire un essai sur six mois, mais ensuite ce cycle nous a été imposé par la direction des soins.

Fanny - Nous n’avons pas eu le choix, je n’étais ni pour ni contre mais le temps a démontré que c’était un leurre. On nous avait dit que nous travaillerions 36h par semaine avec 4 repos mais dans la réalité ce n’est pas le cas, on travaille régulièrement 48h par semaine et les repos ne sont pas respectés.

Élodie - J’étais favorable à la mise en place des 12h pour mon organisation personnelle et avoir du temps libre, or, ce n’est pas le cas !

 

Certains disent que ce mode d’organisation favorise la vie familiale. Pouvez-vous après plus d’un an de recul dire ce que vous en pensez ?

 

Annie - Je suis tellement fatiguée qu’il m’est impossible de prévoir. Je pense juste à me reposer, je deviens irritable et ma vie familiale s’en ressent.

Fanny - Cela aurait pu être bien si le cycle de travail et les repos étaient respectés mais on est sans cesse rappelées, et même parfois on fait 60 h par semaine faute d’effectifs suffisants. Cerise sur le gâteau, maintenant la direction nous impose l’alternance jour /nuit faute de recrutement d’infirmières la nuit, je suis épuisée.

Élodie - Il m’est impossible d’organiser mon temps libre car les plannings sont modifiés en permanence, bien que célibataire j’ai beaucoup de mal à organiser ma vie privée et prévoir des choses.

 

D’autres pensent que les jours de repos supplémentaires compensent la fatigue de la journée en 12 heures. Qu’en pensez-vous ?

 

Annie - Faux, nous sommes épuisées et nos repos supplémentaires ne sont pas donnés. J’ai plus de 200 heures à récupérer.

Fanny Faux, on accumule la fatigue, elle est de plus en plus grande et je n’arrive pas à récupérer. Je dors mal et j’essaie au maximum de rester professionnelle mais jusqu’à quand ?

Élodie - Je n’arrive pas à récupérer mes repos supplémentaires, la fatigue commence à peser et maintenant il y a l’alternance jour/nuit, ce qui n’arrange pas les choses. Si cela continue je serais en maladie...

 

Le fait d’être présent moins souvent à l’hôpital n’a-t-il pas d’incidence sur la qualité des soins, l’esprit d’équipe ou bien encore sur le contact avec le malade ?

 

Annie - Il y a une incidence sur l’esprit d’équipe. Parfois je suis trois mois sans voir mes collègues du service. La qualité des soins ? Oui ! heureusement pour le patient. On fait tout pour la qualité des soins et pour le patient, mais à quel prix ? Jusqu’à ce que nous soyons malades ?

Fanny - Oui pour la continuité des soins, non pour l’esprit d’équipe. Avant on travaillait en binôme et actuellement nous sommes seules et cela nous éloigne des aides-soignants.

Élodie - Faux puisque nous avons des plannings établis sur 48h, voir plus.

 

Après plus d’un an, que dites-vous à ceux qui souhaitent travailler en 12 heures ?

 

Annie - Ils ont torts d’accepter les 12h, c’est très dur et inhumain. On va y laisser notre santé.

Fanny - Si les 35h étaient respectées cela pourrait aller, mais ce n’est pas le cas! Jusqu’où iront-ils ?

Élodie - Ce n’est pas à conseiller, car invivable, fatigue générale, épuisement et au bout la dépression nous attend peut-être, même le pire.

 

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