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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 10:32

Plus d’eau minérale gratuite, de sel, de poivre, d’huile. Et surtout, plus de parmesan, de yoghourts et de confiture au petit déjeuner. Depuis trois jours, les patients hospitalisés dans deux structures publiques importantes de la ville de Crémone (nord) sont soumis à un régime strict. Non pas pour des raisons de santé mais plus simplement, par souci d’économie. Pour éviter à la Péninsule d’être dévorée à la sauce grecque, le gouvernement de technocrates de Mario Monti a en effet adopté plusieurs mesures d’austérité qui frappent de plein fouet la plupart des hôpitaux italiens.

Réduire les dépenses

Selon ces plans de rigueur, les structures publiques italiennes doivent dépenser moins et mieux. L’objectif fixé par le gouvernement est d’obliger les établissements à réduire leurs dépenses de 5 %. Soit l’équivalent d’un million deux cent mille euros d’ici à la fin de l’année en ce qui concerne les deux hôpitaux de Crémone. Une mission a priori impossible. « Nous avons d’abord essayé de renégocier les contrats avec les fournisseurs. Mais nos propositions n’ont pas été acceptées », explique Luigi Ablondi, directeur général de l’hôpital Maggiore.

La direction aurait pu revoir les menus des patients en éliminant les aliments les plus coûteux. « C’est trop compliqué car nous devons respecter des normes précises quant à la qualité, la typologie et la diversité des denrées prévues par les spécialistes », analyse Luigi Albondi. Du coup, le directeur général a opté pour une décision « difficile mais obligatoire ». Les patients devront acheter les bouteilles d’eau vendues 40 centimes pièce dans les distributeurs disséminés le long des couloirs de l’établissement. Pour le reste, ils devront se retourner vers leurs familles.

Les syndicats protestent

Selon les responsables des deux hôpitaux touchés par l’adoption de ces mesures d’austérité, des coupes seront aussi effectuées au niveau des services de nettoyage comme la teinturerie et des fournitures de bureau. Mais l’introduction de ces dispositifs inquiète au plus haut point les syndicats. « Les décisions adoptées démontrent les effets négatifs du plan de réduction des dépenses publiques », estime la confédération générale italienne du travail (CGIL) dans un communiqué publié mercredi dernier. Selon le premier syndicat italien qui compte quelque 6,5 millions d’adhérents, « les précaires et les citoyens sont les premiers à payer le prix fort ». Pour protester contre la « politique d’appauvrissement des Italiens du gouvernement Monti », la CGIL a organisé une manifestation le 28 septembre prochain à Rome.

Source : Le Quotidien du médecin

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 19:02

Alors que les jours de la maternité des Lilas semblaient bien sombres, faute de financement les travaux de rénovation étaient depuis plusieurs mois au point mort, l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France vient d’annoncer dans un communiqué qu’elle débloquerait 6 millions d'euros pour financer sa reconstruction. Pour cet établissement emblématique de Seine-Saint-Denis, c’est sa garantie de survie…

 

 Depuis plus de 5 ans, la maternité des Lilas, vétuste et exiguë, travaille sur un projet de modernisation et d'agrandissement de ses locaux afin de faire face à l'augmentation toujours croissante du nombre de naissances. En 2011, dans cet établissement i y a eu plus de 1 700 accouchements.

 

Inscrit dans le cadre du plan Hôpital 2012, le projet était compromis depuis plusieurs mois, l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France ayant bloqué le processus en refusant d’entériner l'acte de vente du terrain qui devait permettre l'agrandissement des locaux. A l’époque, la raison invoquée par l’organisme régionale était liée à la pertinence du projet et au coût trop important des travaux.

 

Le coup pour le personnel de cette maternité parisienne, très réputée, avait été rude, la rénovation des locaux étant salutaire pour assurer un avenir à l’établissement, trop vieillot et incapable d’assurer les 2 500 accouchements par an prévue dans les années à venir.

 

Afin d’éviter la fermeture annoncée de la maternité, personnels, élus et associations d’usager mènent depuis plusieurs mois un combat pour que la reconstruction de la structure devienne réalité. C’est maintenant chose assurer… En effet, l'ARS d’Île-de-France vient d’annoncer qu’elle débloquera l’argent nécessaire pour que les travaux soient financés. La construction du nouveau site devrait débuter avant la fin de l'année et s'achever, si tout se passe bien, d’ici à la fin de 2015.

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 17:28

 

 

 

Pour lire le tract en PDF, cliquez sur l'image ci dessous.

 

Tract SUD CHU Déficit

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Published by sud-chu-caen
20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 17:18

Dans les hôpitaux, certains d'entre nous sont volontaires pour tester les 12 heures à cause du ras le bol d'être rappelé sans cesse pour boucher les trous sur les plannings, de travailler des matins qui débordent sur les après midi.

Certains ont l'impression d'être toujours à l'hôpital alors que les journées de 12 heures.....

 

Pour lire la suite du tract de SUD Hôpital de Bayeux, cliquez sur l'image ci dessous

 

 

Tract SUD Bayeux

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Published by sud-chu-caen - dans Un monde de luttes
19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 17:05

Un résultat d'analyse, voire de psychanalyse lorsqu'il révèle des psychoses et des violences que le monde du travail provoque et exacerbe, n'est jamais facile à avouer au patient.

 

Dans le cas présent, les patients affectés, ce sont les agents de l'hôpital de Cahors. 524 agents hospitaliers ont répondu à l'audit sur la souffrance au travail dont le cabinet SECAFI a communiqué les résultats au Comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail de l'hôpital (CHSCT).

 

La synthèse du rapport évoque «un niveau de risque psychosocial alarmant. L'organisation du travail est mise en avant comme le premier facteur de risques exprimé par les agents», précise ce rapport accablant. Il met en évidence «les mauvaises collaborations avec la direction (pour 62 % des agents), avec les chefs de service (36 %) et les cadres (28 %), l'intensification de la charge du travail, la pression de l'encadrement et le manque d'effectifs (75 % des répondants)». La synthèse énumère d'autres maux qui torturent autant le corps que l'esprit.

 

Pour 45 % du personnel sondé, «la surcharge de travail et les pressions font qu'ils viennent avec la boule au ventre», précise l'audit. «72 % des agents craignent de commettre des erreurs en raison de la polyvalence qui leur est demandée. 34 % des agents sont exposés aux troubles musculo-squelettiques (TMS)». Plus grave encore, le rapport révèle que «les salariés ont des idées suicidaires liées à l'épuisement moral et à une fatigue persistante». Une tentative avait été confirmée lors de ces années noires hélas toujours d'actualité.

 

Un hôpital déshumanisé ?

 

Avant ces résultats, la délégation syndicale FO du centre hospitalier posait clairement la question : «la déshumanisation de l'hôpital est-elle en marche ?» et émettait l'hypothèse suivante : «Culpabiliser et fragiliser les agents semble être la technique de management à la mode». FO ne va pas jusqu'à comparer cette technique à celle qui a si souvent fragilisé et conduit des agents de France Télécom à commettre l'irréparable. Mais le doute est permis. FO reste vigilante.

 

La CGT, quant à elle, se montre souvent plus percutante en souffrant aussi… mais en osant. «Qui sait souffrir peut tout oser», a écrit le moraliste Vauvenargues. Parfois, celui qui ose s'impose. En ouvrant le bel écrin de l'hôpital, l'audit a osé révéler l'enfer du décor.

 

Le chiffre : 524

 

réponses >questionnaire. L'audit montrant «un niveau de risque psychosocial alarmant» a marché. «Le nombre de réponses (environ la moitié des salariés) montre que l'expertise avait toute sa raison d'être», estime le CHSCT de l'hôpital.

 

Quels remèdes faut-il prescrire ?

 

Tout n'est pas sombre dans la synthèse du rapport d'expertise sur la souffrance au travail : 65% des agents du centre hospitalier reconnaissent qu'ils aiment leur travail, même si l'audit révèle aussi que 49% des salariés «parviennent difficilement à concilier vie professionnelle et vie familiale». En conséquence, pour tuer le mal, les agents demandent «que la charge de travail réelle soit évaluée et que les ressources soient en adéquation avec cette charge».

 

Ils proposent également «d'avoir un management participatif, à l'écoute du personnel, avec la mise en place de groupes de parole et de réunions plus régulières». Les agents veulent aussi que leur hiérarchie «respecte le personnel et reconnaisse le travail fourni». Enfin, le personnel hospitalier réclame «les moyens de faire un travail de qualité». Ce sont leurs propositions. Ils attendent des actes.

Jean-Luc Garcia

la dépèche

 

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 17:02

La ministre de la Santé, en déplacement ce lundi matin à l’hôpital du Mans, a présenté aux équipes hospitalières son pacte de confiance pour l’hôpital public. Marisol Touraines’est prêtée à une séance de questions réponses après une visite de la cardiologie et de la neurologie.

 

La directrice des finances du centre hospitalier manceau a pris la parole pour confier ses inquiétudes : de retour à l’équilibre financier après une forte mobilisation interne, le centre hospitalier du Mans a réussi à tourner le dos au déficit, mais il peine aujourd’hui à financer ses investissements. Faire toujours plus d’activité ? Céline Lagrais n’y tient pas : « Nous pensons que ce n’est souhaitable ni pour la Sécurité sociale, ni pour les patients ». Certains bâtiments datent pourtant, et les besoins en investissement se font urgents : « Pour moderniser totalement ce patrimoine, il faudrait investir 300 millions d’euros en dix ans, a fait valoir la directrice financière. Comment faire ? ».


Des engagements de plusieurs milliards d’euros

 

« C’est une question difficile », lui a répondu la ministre de la Santé, qui a indiqué que le gouvernement mobilisera des « ressources exceptionnelles » afin de faire face aux besoins des hôpitaux. À combien se montera l’enveloppe, quand sera-t-elle débloquée, et qui pourra y prétendre ? Trop tôt pour le savoir : ce programme d’investissements hospitaliers n’est pas encore défini. La ministre a précisé qu’il serait« étalé dans le temps ». Avant d’ajouter que les hôpitaux devront surtout compter sur eux-mêmes pour se moderniser, au travers d’« emprunts sécurisés ».

 

Quid de la 2e tranche du plan Hôpital 2012, censée financer des projets hospitaliers en attente depuis plusieurs mois ? À ce stade, « on n’a rien retenu », déclare Marisol Touraine. Qui en profite pour tacler au passage Xavier Bertrand, pour sa magnanimité peu responsable : « J’ai hérité d’une liste d’engagements pris par mon prédécesseur auprès de certains établissements hospitaliers. Certains de ces engagements ont été pris par courriers signés entre mars et avril dernier. J’ai fait l’addition : il y a des milliards d’euros à la clé, et en face, il n’y a rien. Pas un centime ». La ministre de la Santé a ajouté qu’il faudra faire face aux projets courants. « Nous n’avons pas les moyens d’aller au-delà », a-t-elle complété.

 

 

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 10:05

« Les organisations syndicales de la psychiatrie solidaires

de l’action Unitaire de l’Hôpital de LENS du 18 septembre !

 

L’ensemble des organisations syndicales de la psychiatrie du Nord Pas de Calais affirment leur entière solidarité avec l’action unitaire prévue le 18 septembre 2012 à 14 h à l’Hôpital de LENS, victime d’un plan de redressement dur, injuste et pénalisant pour l’ensemble de la population et les malades du Bassin Minier.

 

De la même manière que nous combattons le plan d’économies qui concerne toute la psychiatrie du Nord Pas de Calais, nous récusons toute coupe sombre dans la santé du Nord Pas de Calais, déjà victime des plus mauvais indicateurs de santé du pays.

 

Plus que jamais un plan d’Urgence pour la santé dans le Nord Pas de Calais se justifie pour rattraper son retard par l’octroi de moyens financiers et humains suffisants. »

 

 

 

 

pour lire le communiqué de presse en PDF, cliquez sur l'image ci dessous

 

Com de presse Lens

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 22:21

Dans les couloirs du centre hospitalier de Figeac, les patients croisent les blouses blanches. Contraints d'assurer le service de santé, ces personnels représentent plus de 120 grévistes. Leur action lancée, hier matin, s'inscrit donc au dos de leurs blouses, par ces mots : «En grève».

 

Le syndicat CGT, lui, a dressé la tente au milieu de la cour de l'hôpital, prêt à tenir le siège de cette grève illimitée qui l'engage dans un bras de fer avec la direction.

 

D'un côté, des agents révoltés par la casse de leur métier. De l'autre, une direction sommée de stopper la marche en avant des déficits de l'établissement public de santé.

 

«On voulait nous faire quitter les lieux ce matin, sous prétexte que notre présence dégrade l'image de l'établissement. Justement, c'est bien de cela qu'il s'agit, lance Chantal Dellac, secrétaire générale CGT Hospitaliers de Figeac. De réductions sans fin qui dégradent nos conditions de travail et les conditions d'accueil et de soin des patients. Ce plan de retour à l'équilibre voulu par l'Agence régionale de santé supprime 12 emplois, rallonge notre temps de travail et réorganise les services, avec des baisses de salaire.»

 

Pour Éric Fradet, directeur de l'hôpital : «Ces mesures sont indispensables pour sortir de la spirale des déficits et économiser 500 000€. Avec le nouveau pôle chirurgie hôpital-clinique, nous réaliserons aussi des économies d'échelle et repasserons dans le vert, tout en dépassant le seuil des 8 000 séjours par an.»

 

Des arguments que les grévistes entendent, révoltés cependant par ces choix soudains et arbitraires. «Ce plan de retour à l'équilibre de l'hôpital est une injonction de l'ARS. Elle oublie que ces réductions d'effectifs alourdissent la charge de travail des agents déjà fatigués. Les heures supplémentaires qu'ils doivent faire sont de l'ordre de 80 heures/an et par agent de soin», assure la représentante CGT qui dénonce un contexte de travail difficile avec les travaux en cours et les déménagements de service.

 

Le personnel gréviste acquiesce. «On ne peut plus supporter. Ce cycle de 12 heures est inacceptable, d'autant que cette réorganisation nous fait perdre une partie de notre rémunération. Pour un contractuel de nuit qui passera de jour, le manque à gagner sera de 300 € bruts par trimestre, pour ceux qui perdent des heures de nuit, c'est 130 € bruts par an

 

Un point pourtant sur lequel grévistes et direction s'accordent. Le centre hospitalier de Figeac comme d'autres a été mis à mal par la tarification à l'acte. Et Éric Fradet de préciser : «En 2010, nous avions 114 000 € de déficit. Malgré une hausse de l'activité de 2 %, nous avons plongé en 2011, avec un déficit de 439 000€. Ainsi, pour une appendicectomie sur un jeune de moins de 18 ans, nous avons perdu 500 €.» Et de conclure : «Je préférerai conserver ces postes, mais nous n'avons plus le choix.»

 

Laëtitia Bertoni

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 20:28

Ce n'est pas faute d'avoir prévenu. Le rapprochement privé-public entre la clinique et l'hôpital ruthénois fait de nouvelles vagues dans les services des établissements touchés. Après les brancardiers de l'hôpital en grève début septembre, cette fois c'est du côté de Saint-Louis que la colère gronde. Dans un communiqué transmis hier, le syndicat CGT de la clinique annonçait qu'un licenciement économique était tombé et qu'une procédure de chômage partiel est en cours pour une durée de deux mois. Elle concernerait pas moins de 23 personnes. «Le personnel se pose, légitimement, des questions sur la suite à venir de cette restructuration… (qui) aurait pu être anticipée depuis plusieurs mois : On le constate encore une fois, c'est la finance qui passe avant le personnel et les conditions de travail… Les plannings de travail sont faits au jour le jour, on met du chômage partiel et on prend des intérimaires… Pourquoi le service où devait être transféré le personnel du service fermé n'est t-il pas encore ouvert ?», s'indigne le syndicat. Selon eux, la direction n'a pas écouté les revendications des organisations syndicales présentées en CE. Ce qui entraîne ce ras-le-bol du personnel. Les salariés viennent par ailleurs d'apprendre le départ du directeur de la clinique Jean-Michel Verdu.

 

Du côté de l'hôpital Jacques-Puel, la situation ne semble guère s'arranger puisqu'hier, c'est un tiers de l'équipe des brancardiers qui s'est mis en grève. «Des affiches vont fleurir sur les fenêtres de l'établissement pour informer le public», prévient un représentant syndicaliste. Nul doute que le malaise, ne risque pas de s'arrêter là…

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 17:27

Sous surveillance des banques, le CHU de Caen ne paye plus ses fournisseurs

 

Le CHU de Caen, en délicate posture financière, vient de prendre une décision pour le moins inhabituelle. Le salaire du personnel sera payé en temps et en heure, mais les fournisseurs, eux, devront patienter avant d’être réglés. Le versement des cotisations patronales est également suspendu.

 

Dans un mail adressé aux agents et aux médecins, Angel Piquemal, le directeur général du CHU, explique pourquoi l’heure est grave. Le déficit cumulé du CHU atteint 119 millions d’euros. Une ardoise reconduite d’année en année, malgré les efforts engagés (baisse des effectifs, réorganisations...) qui ont permis de diviser par quatre le déficit annuel entre 2009 et 2011. « Le CHU a systématiquement dépensé davantage que les recettes qu’il a perçues », expose sans détours le DG.

 

Interdiction des banques

 

Vivant au-dessus de ses moyens, l’hôpital s’est maintenu hors de l’eau de façon artificielle, grâce à deux autorisations de découvert. Sauf que les banques viennent de siffler la fin de la récré. Aucun nouvel emprunt ne sera consenti sans nouvelles garanties d’assainissement des comptes. Une date couperet se profile : les autorisations de découvert, non reconduites, arrivent à échéance les 3 et 12 octobre. Dans trois semaines, le CHU de Basse-Normandie ne sera plus en mesure d’assumer ses charges d’exploitation.

 

L’hôpital caennais est déterminé à mettre les bouchées doubles pour doper son activité, faiblarde comparée à celle des autres CHU. Mais l’heure n’est pas aux plans de moyen ou long terme. Comment débloquer la situation avant le 3 octobre ? Le dossier est suivi de près par Paris. Les tutelles vont-elles voler au secours de l’établissement ? À l’aide d’un apurement partiel de la dette, d’une pression sur les banques ? C’est tout l’enjeu des discrètes discussions qui se déroulent actuellement entre le CHU de Caen, l’ARS de Basse-Normandie et le ministère de la Santé.

 

Les syndicats de personnel du CHU préviennent : ils attendent un signal fort de la gauche en direction de l’hôpital public. Une absence d’intervention politique serait perçue comme un renoncement face au pouvoir de la finance.

DELPHINE CHARDON

Source : lequotidiendumedecin.fr

 

 

Le CHU de Caen est-il réellement au bord du gouffre ?

 

 

Caen, le jeudi 13 septembre 2012 – Ce n’est pas la première fois que le CHU de Caen défraie la chronique. Ces dernières années, cet établissement hospitalier qui emploie près de 6 000 personnes, a été à plusieurs reprises dans la tourmente. Les dépenses somptuaires de son ancien directeur (qui avait consacré quelque 836 997 euros à la réhabilitation de son logement de fonction) et les dérives des opérations de désamiantage (dont la facture pourrait atteindre près de 40 millions d’euros contre moins d’une vingtaine prévus initialement) avaient déjà été largement commentées dans la presse régionale et nationale. Le gouvernement avait d’ailleurs été appelé à plusieurs reprises au chevet de cet hôpital dont le déficit s’élevait à 37,2 millions d’euros en 2009. Les pouvoirs publics l’avaient ainsi placé sous sa tutelle en 2009 tandis que sa totale reconstruction dans les dix ans à venir avait été annoncée en 2010.

 

Plus de découvert à partir du 12 octobre

 

Ces différentes interventions n’ont cependant pas permis de pallier l’ensemble des difficultés de l’établissement, d’autant que le projet de reconstruction paraît encore aujourd’hui au point mort. Les problèmes budgétaires du CHU persistent en effet. En mai dernier, les Echos évoquaient ainsi un risque de cessation de paiement, tandis que cette semaine, le directeur du CHU, Angel Piquemal, révélait dans une lettre adressée à l’ensemble des salariés avoir été « contraint de suspendre le versement des cotisations patronales et de décaler le paiement des fournisseurs ». Plus précisément, ce sont les sommes dues aux grandes entreprises qui devraient demeurer impayées dans les semaines à venir. Cependant, Angel Piquemal a tenu à le réaffirmer aux syndicats : « les salaires sont et seront » versés.

 

Cette situation s’explique par le refus des banques de prolonger leurs autorisations de découvert, d’un montant de 85 millions d’euros, au-delà des 3 et 12 octobre prochain. Or, cette « ligne de trésorerie » est aujourd’hui le seul moyen pour le CHU d’assurer ses dépenses. D’une manière générale, l’établissement connaît des difficultés d’emprunt depuis désormais plus d’un an.

 

Un cas pas si unique ?

 

Face à ce qui ressemblait fort à un « désastre annoncé » non sans évoquer les situations observées dans les pays les plus fortement touchés par la crise économique, telle la Grèce, la CGT n’a pas tardé à monter au créneau. « Ces mesures sont inédites en France pour un CHU », a-t-elle clamé. Inédites, pas si sûr. La Fédération hospitalière de France (FHF) a en effet tenu à affirmer hier que la situation de l’établissement caennais n’était pas un « phénomène exceptionnel ». Si cette première déclaration ne manque pas d’être glaçante, les précisions d’Yves Gaubert, responsable du pôle financer de la FFH sur RTL sont plus rassurantes : « Ce sont des problèmes très conjoncturels qui se règlent au bout de quelques jours de manière générale ». Il a même admis que la décision de décaler certains paiements se faisait de « manière plus discrète depuis des années ». Enfin, il a assuré que « les contraintes budgétaires qui ont été fortes ces dernières années n’ont jamais affecté la qualité des soins ».

 

Un déficit divisé par quatre en trois ans

 

Par ailleurs, en dépit des apparences, la situation du CHU de Caen n’est pas aussi catastrophique qu’elle l’a été ces dernières années. Certes, comme le résume sobrement Angel Piquemal, « le CHU de Caen a systématiquement dépensé davantage que les recettes qu’il a perçues ». Cependant, le nouveau patron est parvenu en deux ans à redresser significativement la situation : le déficit est en effet passé de 37,2 millions en 2009 à 19,7 millions en 2010 et enfin à 9,2 millions l’année dernière et ce au prix d’une réduction de personnel assez importante (suppression de 437 postes en deux ans). Néanmoins, ces améliorations n’empêchent pas la dette de l’établissement de demeurer la plus élevée de métropole (119 millions d’euros), en partie lié au coût du désamiantage.

 

Tout va très bien (madame la Marquise)

 

Enfin, la CGT qui interroge dans son communiqué d’hier : « L'Etat, le président et son gouvernement se trouvent face un choix de société : veulent- ils encore des hôpitaux publics ? » peut se rassurer. « En aucune façon le gouvernement ne pourrait accepter qu’un établissement public de santé se trouve en cessation de paiement » a ainsi assuré Jean-Luc Nevache, directeur du cabinet de Marisol Touraine, tandis que le député Philippe Duron (PS) a renchéri : « Le CHU pourra continuer normalement son activité dans les semaines et les mois qui viennent ». Les solutions qui seront adoptées (un crédit spécifique du ministère de la Santé ?) devraient être présentées au tout début octobre. Cependant, au-delà des réponses ponctuelles apportées au CHU de Caen, cette affaire confirme l’urgence pour le gouvernement de se pencher sur les difficultés d’emprunt des établissements de santé français. Il s’agit d’un phénomène sur lequel la FHF l’a déjà alerté à plusieurs reprises ces dernières semaines et qui est en partie liée à la faillite de la banque d’investissement Dexia.

AH

Source :JIM.fr

 

Au CHU de Caen, au bord de l'asphyxie, on espère une intervention de l'Etat

 

 

"Le personnel usé dans un bâtiment usé se demande s'il va pouvoir continuer à soigner ses patients", résume Jacky Rouelle secrétaire FO (majoritaire) au CHU, ajoutant que la direction a promis de payer les salaires et de ne pas supprimer davantage d'emploi.

 

Le CHU a annoncé mercredi suspendre le paiement des cotisations patronales et des fournisseurs, car les banques ne veulent plus financer son découvert. L'hôpital qui avait enregistré en 2010 le plus gros déficit de métropole affiche encore 119 millions d'euros de déficit cumulé, malgré des améliorations.

 

"On peut craindre que les fournisseurs ne nous livrent plus, d'être à court de médicaments", ajoute le syndicaliste. "Et puis si on n'a pas la capacité d'investir, comment maintenir la qualité des soins ?", interroge-t-il alors que l'établissement est classé 16e sur 50 hôpitaux français par Le Point.

 

Dans les couloirs l'atmosphère n'est pourtant pas plus lourde que d'habitude. La pression ne date pas d'hier dans l'établissement qui selon FO a supprimé 500 emplois (sur 5.000) en cinq ans pour résorber partiellement ses déficits.

 

"Bah ça fait dix dans que je travaille ici. Ca fait cinq ans que régulièrement il y a des bruits de couloir qui disent qu'on va pas être payé. Non je ne suis pas plus inquiet. L'Etat va nous placer sous tutelle", avance un aide-soignant, qui a requis l'anonymat comme les autres interlocuteurs de l'AFP dans les couloirs de cet hôpital où la direction ne veut pas de journaliste.

 

"Il faut que l'Etat éponge comme en Grèce"

 

"Je ne vois pas comment on pourrait nous en demander plus", témoigne une infirmière diplômée depuis 26 ans. "J'accueille des patients qui viennent d'apprendre qu'ils ont un cancer. Avant on avait des entretiens de 45 minutes pour leur expliquer, maintenant c'est pas plus de 20 minutes", ajoute-t-elle.

 

Et puis "on travaille avec du matériel dégradé. En hémato, la machine qui lit les codes barre d'identification sur les tubes à essai ne marche plus bien. Il faut taper les codes à la main", ajoute Nelly Jean, secrétaire CFDT du CHU.

 

"Ce genre de contraintes on les retrouve dans d'autres hôpitaux. Ici l'ampleur des difficultés financières fait que la pression est accentuée. On est allé trop loin dans la réduction des dépenses de santé", prédit M. Rouelle.

 

"Il faut que l'Etat éponge comme en Grèce. Avec des travaux qui coûtent 30% plus cher qu'ailleurs à cause de l'amiante, comment voulez-vous qu'on vienne un jour à bout de ce déficit ?", témoigne un médecin lui aussi "à bout", se désolant que "la santé dépende des banques".

 

Le député-maire PS de Caen Philippe Duron, qui préside le conseil de surveillance de l'hôpital, a lui tenu à rassurer mercredi, annonçant que le ministère de la Santé a promis "des solutions" pour le CHU "au tout début du mois d'octobre".

 

Le CHU de Caen, construit en 1975, est constitué de deux tours de 23 étages peu pratiques et surtout truffées d'amiante, du sol au plafond. Dès qu'une dalle en lino datant de 1975 se décolle, on en recolle une autre plus grande par dessus, pour éviter que l'amiante de la colle d'origine ne se diffuse, selon les syndicats.

 

Trois étages du CHU, fermés au public, ne sont même accessibles qu'en combinaison anti-amiante. Le CHU doit être reconstruit d'ici 10 ans.

 

Source : news.fr.msn.com/m6-actualite/

 

 

Crise financière au CHU de Caen

 

Du jamais-vu au CHU de Caen ! Mardi soir, le directeur général de l'établissement hospitalier, Angel Piquemal, a envoyé un courrier à son personnel qui a fait l'effet d'une bombe. « J'ai été contraint de suspendre le versement des cotisations patronales et de décaler le paiement des fournisseurs, décalage qui devra être le moins long possible, car nous sommes conscients de l'impact d'une telle mesure sur leur propre trésorerie », écrit le responsable. Le plus gros employeur régional, qui compte plus de 6.000 salariés, explique dans le détail la situation critique de l'hôpital. Déjà, un premier signe avait été donné au printemps lorsque avait été évoqué un risque de cessation de paiements (« Les Echos » du 22 mai 2012).

 

Même si le directeur se veut rassurant pour le personnel, affirmant : « Les salaires sont et seront payés », il vient rappeler l'exacte situation financière de l'établissement : le CHU a « systématiquement dépensé davantage que les recettes qu'il a perçues ». Et c'est au prix de l'utilisation d'une « ligne de trésorerie », autrement dit une autorisation de découvert, qu'il a pu faire face à ses charges courantes.

 

Problème : les deux autorisations accordées au CHU, d'un montant de 85 millions d'euros, arrivent à échéance les 3 et 12 octobre prochain. « Malgré toutes nos démarches, auprès des banques, leur renouvellement, même partiel, est pour le moment très incertain », poursuit Angel Piquemal, dont l'établissement est confronté à des déficits annuels à répétition (9,2 millions d'euros fin 2011, contre 37,2 millions d'euros en 2009).

 

Crédit spécifique

 

« La situation est en train de se régler, les discussions s'organisent », veut rassurer Pierre-Jean Lancry, directeur de l'Agence régionale de santé (ARS) de Basse-Normandie. Un tour de table doit avoir lieu aujourd'hui avec les banques. Un crédit spécifique du ministère de la Santé devrait même être accordé au CHU de Caen. Les difficultés de trésorerie des hôpitaux sont également liées aux difficultés de la banque Dexia.

 

Dans le cas du CHU de Caen, les difficultés sont également liées à la question de sa reconstruction. La tour haute de 23 étages avec de multiples plateaux techniques est obsolète et contient de l'amiante. « On réglera les difficultés du CHU de Caen au moment de sa reconstruction », indiquait hier le directeur de l'ARS. Une décision actée par le précédent gouvernement. Par ailleurs le maire de Caen a affirmé, hier, que des solutions seront apportées début octobre.

CORRESPONDANT À CAEN

Philippe Legueltel

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