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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 17:16

François Hollande a été élu Président de la République avec la promesse « le changement, c’est maintenant ».

Pour que le changement soit visible et utile pour tous les agents publics et nos missions de service public, il faut des décisions concrètes. Solidaires Fonction Publique réaffirme les revendications et les propositions qu’elle a portées devant chaque ministre de la Fonction publique, dans toutes les réunions institutionnelles ou non, et lors des mobilisations sociales de ces dernières années. Certaines décisions peuvent être prises sans délai, et des engagements forts doivent être annoncés dès maintenant.

 

Le changement maintenant, ce serait :

 

* l’arrêt des suppressions d’emplois … de la RGPP et de la Réorganisation administrative territoriale de l’Etat (Réate). Après plus de 150 000 suppressions d’emplois à l’Etat en 5 ans, plus une seule administration n’est, aujourd’hui, en capacité de remplir l’ensemble de ses missions… La RGPP, sous couvert d’efficacité de l’action publique, a imposé les concentrations de services, les fusions de directions, porteuses de désorganisations, de course à la compétitivité au détriment des missions et des conditions de vie au travail des agents. Il faut mettre fin à la Réate … retrouver des services de proximité sur l’ensemble du territoire, seule garantie d’une protection efficace des citoyens.

 

Le changement maintenant, ce serait :

 

* l’ouverture de véritables négociations salariales avec pour corollaire l’augmentation du nombre et de la valeur de point d’indice portée sans délai à 5 euros… l’abrogation du décret instituant une journée de carence en cas de maladie. Puis, suppression de l’individualisation des rémunérations (suppression des primes au mérite, abandon de la PFR), et suppression du système managérial de l’évaluation. Il est temps d’en finir avec les pressions (menaces, chantages, caporalisme, etc.).

 

Le changement maintenant, ce serait :

 

* la suppression du contingentement du 8ème échelon du C administratif… puis, une refonte de toutes les grilles de carrière. A chaque augmentation du SMIC, les indices de début de grille de la catégorie C doivent, pour ne pas se situer en dessous « du minimum garanti de la Fonction publique » être relevés. Ce relèvement entraîne un tassement du début de toutes les grilles (grille C au SMIC, le début carrière B à 1,03 du SMIC et celui de la catégorie A à 1,16 du SMIC). Il est plus que temps que le gouvernement reconnaisse les qualifications des agents publics.

 

Le changement maintenant, ce serait :

 

* la modification et l’amélioration de la loi relative à l’accès à l’emploi titulaire … avec notamment la création des postes nécessaires à la titularisation de tous les agents actuellement en situation précaire, dans les trois versants de la Fonction publique et la limitation drastique de nouveaux recrutements d’agents contractuels dans le respect du statut.

 

Le changement maintenant, ce serait :

 

* l’annulation des réformes sur les retraites … dont la décote, double peine pour les carrières incomplètes qui doit être abrogée sans délai … puis retour au salaire continué (paiement intégral du dernier salaire, quelle que soit la date de départ en retraite), à la validation des services d’auxiliaire (supprimée dès janvier 2013), rétablissement de l’indemnité temporaire de retraite (ITR) et des dispositifs améliorant la retraite des femmes.

 

Le changement maintenant, ce serait :

 

* l’abrogation des mesures de destruction du service public comme :

- la loi Bachelot... Remettre l’hôpital public au coeur du système de santé. Cette loi qui accélère la suppression des hôpitaux de proximité et organise la privatisation de la santé, de l’action sociale, doit être abrogée. Il faut en finir avec les franchises médicales qui pénalisent les malades, en les excluant de plus en plus de l’accès aux soins. Il faut en finir avec la marchandisation de la santé qui plombe la Sécu. Un accès aux soins gratuit, solidaire et égalitaire, pour toutes et tous, voilà ce que nous voulons.

- la loi LRU (autonomie des universités) qui explose le service public d’enseignement supérieur ; annulation de toutes les mesures de saignée systématique des moyens de l’éducation nationale !

- la loi portant réforme des collectivités territoriales … en concentrant les moyens et les lieux de décision sur les échelons régionaux intercommunaux et métropolitains, cette réforme est porteuse d’importants reculs du service public dans les territoires ruraux et les zones urbaines en difficulté. Les services publics territoriaux, l’emploi public et la démocratie locale sont menacés par cette entreprise de recentralisation voulue par le gouvernement de N Sarkozy.

 

Le changement maintenant, ce serait :

 

* renforcer les moyens attribués aux CHSCT et les aligner sur le code du travail. C’est aussi créer des services de santé au travail en programmant un plan de recrutement d’ergonomes, de psychologues du travail, de médecins de prévention... pour la mise en place d’une réelle pluridisciplinarité, clé de voûte de la santé au travail. C’est le respect des heures et journées de repos, l’amélioration de l’organisation du travail (matérielle et fonctionnelle).

 

Le changement maintenant, ce serait :

 

* l’égalité d’accès aux mesures mises en oeuvre dans le cadre de l’action sociale. Ces actions doivent bénéficier aux actifs et retraités, aux titulaires ou contractuels, aux agents rémunérés sur le budget de l’Etat ou non… le logement (meilleures conditions d’accès au logement, logements du 5% préfectoral, logement d’urgence) ; la famille (petite enfance, crèches, droit aux vacances) ; la restauration (contre l’externalisation et la privatisation de la restauration collective ; accès de tous les agents selon des tarifs en fonction de l’indice des agents et des revenus des retraités).

 

Le changement maintenant, ce serait :

 

* lutter contre l’ensemble des discriminations qu’elles soient liées au handicap, à l’origine, à l’orientation sexuelle, à l’âge, à l’état de santé

et :

- agir concrètement pour l’égalité entre les femmes et les hommes, avec des mesures permettant l’amélioration du déroulé de carrière des femmes, la revalorisation des métiers fortement féminisés, etc.

- donner les moyens humains, matériels et techniques permettant à l’établissement public administratif FIPHFP de faire face à l’accroissement de ses activités et à sa mission d’insertion et de maintien dans l’emploi de travailleurs handicapés.

 

Le changement maintenant, ce serait :

 

* la mise en place d’une grande consultation nationale sur la place des services publics et sur ses missions. Puis retour au public des services privatisés et en voie de l’être. Garantir l’accès aux besoins fondamentaux (eau, énergie, santé, logement, etc..) en les retirant du secteur marchand. Ensuite, adoption d’un plan de développement des services publics, avec les emplois statutaires et les moyens financiers nécessaires à la satisfaction des besoins collectifs sur l’ensemble du territoire.

 

Après 5 ans de réformes brutales imposées à la hussarde et de mépris pour les personnels, le changement doit marquer un tournant visible. Il doit redonner toute leur place aux instances de dialogue social, et restaurer, à tous niveaux, les pratiques de concertation pour remettre les agents au coeur du service public. Dans l’intérêt des agents et des services publics, Solidaires Fonction Publique agira de tout son poids, dans l’unité, pour faire aboutir ses revendications.

 

Pour lire le tract cliquez sur le logo PDF

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 15:56

La ministre de la Santé Marisol Touraine a réservé jeudi soir sa première visite au centre hospitalier de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), où elle a "rendu hommage" à l'hôpital public.

 

"Je voulais rendre hommage d'abord à celles et ceux qui travaillent dans le service public, s'engagent au service des autres", a déclaré Mme Touraine, qui avait pris dans la matinée ses fonctions de ministre de la Santé et des Affaires sociales.

 

Mme Touraine souhaitait également "rendre hommage à la place de l'hôpital public dans notre système de santé".

 

Même si "évidemment l'hôpital public n'est pas tout le système de santé", a-t-elle ajouté, évoquant les médecins libéraux ou les maisons médicales, qui travaillent en collaboration avec l'hôpital de Saint-Denis.

 

Elle a choisi de se rendre dans un établissement situé "dans un territoire qui rencontre (...) des publics en grande difficultés même si tous ne le sont pas".

 

Après avoir visité les urgences et les urgences pédiatriques et salué quelques patients et personnels, en compagnie notamment du directeur de l'Agence régionale de santé Claude Evin et du député (ex-PCF) de Seine-Saint-Denis Patrick Braouzec, la nouvelle ministre n'a pas manqué de tacler le gouvernement sortant.

 

"Pendant des années, on a voulu faire comme si le service public hospitalier, c'était la même chose que les établissement privés", a-t-elle affirmé, soulignant que le service public fonctionnait "24 heures sur 24, 365 jours par an".

 

Interrogée sur ses premiers chantiers, Mme Touraine s'est contentée d'affirmer que le gouvernement prendrait "un certain nombre de mesures sur l'hôpital public, sur son financement, sur la manière de l'organiser qui montreront que nous reconnaissons pleinement le service public hospitalier".

 

"Les choses vont se mettre en place très rapidement", a-t-elle assuré.

 

Rédaction ActuSoins, avec AFP

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 17:44

Après la tentative de la direction d’instaurer des critères au mérite pour la prime de service en janvier 2012, les agents des Hôpitaux de Saint-Maurice (issu de la fusion de l’hôpital Esquirol et de l’HNSM) sont encore dans le collimateur de leur direction.

La direction avait dû reculer grâce à de multiples actions des salariés et le soutien de nombreux élus. 4 mois plus tard, les critères au mérite sont de nouveau d’actualité, assortis d’un coup d’arrêt des déroulements de carrière des agents. Cette nouvelle attaque remet en cause les engagements pris lors de la fusion par la direction, la Commission Médicale d’Etablissement et le Président du Conseil d’Administration (M. Cambon, sénateur-maire UMP de St Maurice) sur le « mieux disant social ».

- Suppression des avancements d’échelons accélérés, entrainant un ralentissement des gains salariaux

- Promotions au « mérite », au mépris de l’ancienneté

- Remise en cause du protocole RTT et non respect des textes règlementaires

Inacceptable : l’application de la procédure existante à Esquirol aux agents de l’HNSM représente 90 000 euros, soit 0.06 % du budget de l’établissement !!!

Dans le même temps, les primes des directeurs sont très largement revalorisées, pouvant atteindre jusqu’à 67 000 euros annuels ! Sur quels critères ? « Une bonne gestion », soit la diminution des charges de personnel qui passe inévitablement par la remise en cause des acquis sociaux : suppression de jours de RTT, de postes, de promotions etc…

Les Hôpitaux de Saint Maurice comptent 16 directeurs pour 2200 agents, contre 10 par exemple au Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil, établissement de taille équivalente. Une partie d’entre eux est par ailleurs logée dans les logements sociaux réservés de l’établissement, alors que des dizaines d’agents, ne gagnant pour certains que le SMIC, attendent d’y être logés !

Les personnels des HSM sont bien décidés à ne pas payer une fusion qu’ils n’ont pas choisie, à se battre pour maintenir leur déroulement de carrière, et donc la progression régulière de leur pouvoir d’achat. Ils seront en grève reconductible à partir du jeudi 24 mai, à l’appel des syndicats SUD Santé Sociaux et CGT.

Fait à Saint-Maurice le mardi 15 mai 2012

 

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Published by sud-chu-caen - dans Hôpital en lutte
15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 17:17

 


 
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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 19:26

Il manque 2 Mds€ au secteur hospitalier en raison de la disparition de la banque Dexia, selon nos informations. Des responsables d’hôpitaux tirent la sonnette d’alarme.

Marseille (Bouches-du-Rhône). L’Assistance publique - Hôpitaux de Marseille, dont la Timone est l’un des établissements, a dû geler 10 M€ de travaux en raison de difficultés d’accès au crédit. 

 

La vague de choc provoquée par le démantèlement de la banque Dexia n’en finit pas de faire des dégâts. Après les collectivités locales, c’est au tour du secteur hospitalier de subir la fermeture du robinet de financement que représentait la banque publique. Selon nos informations, il va manquer plus de 2 Mds€ aux hôpitaux cette année.

Cela représente environ 50% des besoins de ces établissements de soins. Des besoins de crédits, tant de long terme, nécessaires pour les investissements (1,5 Md€), que de trésorerie (600 M€) pour leur fonctionnement courant. « Nous sommes face à un risque de credit crunch (pénurie de crédit) », s’inquiète le directeur d’une agence régionale de santé.

« Les hôpitaux souffrent d’un vrai problème d’accès aux liquidités bancaires depuis cet automne. Dexia, notre interlocuteur numéro un, s’est effondré et le relais n’a pas été pris par les acteurs bancaires traditionnels », s’inquiète la Fédération hospitalière de France (FHF), qui regroupe plus d’un millier d’hôpitaux publics et dont le président tirait déjà la sonnette d’alarme dans nos colonnes voilà quelques semaines. Deux tiers des hôpitaux, notamment des petites et des moyennes structures, pourraient être prochainement en cessation de paiement. Une partie des chantiers prévus en 2012 est arrêtée, avec des conséquences catastrophiques pour le secteur du BTP et les économies locales. Partout en France, les directeurs d’hôpitaux ont parfois du mal à payer les salaires de leur personnel.

La santé, un secteur peu rémunérateur pour les banques

La Banque postale doit reprendre, avec la Caisse des dépôts, une partie des activités de Dexia, mais le dossier n’a pas encore reçu le feu vert de Bruxelles. Son implication prend donc du retard. Autre difficulté, la Banque postale comme les autres établissements traditionnellement prêteurs, comme les Caisses d’épargne, le Crédit agricole, la Société générale et le Crédit mutuel Arkea, manquent des compétences requises en matière d’analyse du risque spécifique aux hôpitaux. En outre, les nouvelles réglementations bancaires en matière de fonds propres (techniquement appelées normes Bâle 3) font des hôpitaux, gros consommateurs de prêts à long terme, des clients peu attractifs. Contrairement aux entreprises et aux particuliers, les hôpitaux font très peu de dépôts, ne souscrivent pas de produits d’épargne et n’achètent aucune prestation de conseil, autant d’activités extrêmement rémunératrices pour les banques.

Certains gros hôpitaux comme ceux de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) ou de Grenoble arrivent à lever des fonds sur le marché obligataire. C’est-à-dire qu’ils se financent sur les marchés financiers hors des circuits bancaires. Mais ces montages sont très compliqués et les hôpitaux plus modestes n’ont pas cette possibilité. Les pouvoirs publics ont déjà demandé par deux fois à la Caisse des dépôts de voler au secours du secteur de la santé. Mais elle ne pourra pas continuer à financer des investissements sur quinze ou vingt ans alors que l’essentiel de ses ressources provient des fonds du livret A déblocables par leurs titulaires à tout moment. « En attendant l’émergence d’une nouvelle banque de financement des collectivités locales et des hôpitaux, qui ne devrait pas intervenir avant l’automne, la Caisse des dépôts et la Banque postale vont s’arranger pour prêter un peu d’argent », précise une source proche du dossier. Toujours est-il que la plus grande des incertitudes demeure sur l’avenir financier de nos hôpitaux.

Source : Le Parisien

 

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 09:31

Nous citoyennes et indigènes, immigrées et autochtones, bourgeoises et prolétaires, travailleuses et chômeuses, nationales et naturalisées, européennes et étrangères, militantes et universitaires : filles, mères, ménopausées, avortées ou hormonées, Noires, blanches, tsiganes, arabes, musulmanes, juives ou chrétiennes, croyantes, mécréantes, voilées, dévoilées, revoilées, sexy, grosses, anorexiques, valides ou non, straight, trans, gouines, queer, morales, immorales, amorales, victimes, putes,épargnées ou enragées, …

 

Nous, féministes, filles d’Olympe de Gouges, la demi-mondaine guillotinée pour avoir déclaré nos droits, de Solitude, mulâtresse guillotinée à Pointe à Pitre pour s’être élevée contre le rétablissement de l’esclavage, de Mary Wollstonecraft et de sa philosophie authentiquement universaliste, de Flora Tristan qui défendait "la nécessité de faire bon accueil aux femmes étrangères", de Fatma N’Soumer combattante algérienne qui prit les armes contre l’armée coloniale, de Louise Michel qui se rangea sans hésiter du côtédes Kanaks contre les colonisateurs de son pays, d’Olga Bancik la combattante invisible de la bande à Manouchian décapitée par les nazis, des 230 militantes, résistantes, du convoi du 24 janvier 1943 qui entonnèrent la Marseillaise en franchissant le portail de Birkenau, … Nous, filles, petites filles du MLF et du FHAR ; filles d’Audre Lorde, poétesse, lesbienne, caribéenne,traquant le racisme, le sexisme et l’homophobie jusque dans les rangs des mouvements féministes et des mobilisations anti-racistes...

 

 Filles de Virginia Woolf, nous dénonçons avec elle la propagande nationaliste qui prend les femmes en otage et prétend les défendre alors qu’on bafoue leurs droits fondamentaux : « En tant que femme, je n’ai pas de pays, en tant que femme, je ne désire pas de pays, mon pays c’est le monde entier… ».

 

Notre généalogie ne connaît pas de zones d’ombre : nous représentons cette tradition féministe internationaliste et anti fasciste qui s’est historiquement battue contre l’instrumentalisation colonialiste et nationaliste des droits des femmes et qui a toujours revendiqué l’égalité de toutes et tous, quels que soient nos conditions, nos papiers d’identité, nos sexualités, nos religions, … Nous déclarons que nous ferons tout pour débarrasser le pays du Président sortant et appelons toutes et tous à en faire autant pour barrer la route au fascisme qui se répand en France et en Europe.

 

Il est temps que nous nous rassemblions pour combattre ces politiquesqui détruisent systématiquement notre communauté politique, nos droits, noslibertés démocratiques, le lien social et la solidarité et qui osent le faire en notre nom. Il est temps qu’un autre féminisme prenne la parole : nous, féministes, refusons avec la plus vive détermination que les « droits des femmes » et des « homosexuelles » ou « l’égalité des sexes » servent desidéologies et des pratiques néo coloniales et liberticides.

 

Nous refusons de nous rendre complices de tels dispositifs qui créent les conditions de la toute puissance du capitalisme néolibéral, de la promotion d’une morale paternaliste de la « tolérance », de la réduction du politique au maintien de l’ordre policier et douanier, du fichage, de la surveillance et de la criminalisation des « étrangères », des populations paupérisées comme des syndicalistes et du mouvement social. Nous nous révoltons contre cette société qui laisse crever ses propres citoyennes de froid et de faim dans la rue tout en prétendant ne pas pouvoir accueillir « toute la misère du monde » ; nous condamnons la ruine des services publics, notamment en matière de santé, d’éducation, de recherche et de proximité qui sont la condition matérielle nécessaire de l’égalité réelle.

 

Obscur objet du désir, l’adhésion de 6 millions d’électeurs et d’électrices françaises à une culture fascisante fait l’objet d’un racolage actif. Le score du FN est comme un blanc seing pour nous maintenir dans laminorité, pour nous abreuver de représentations populistes, débiles, de raisonnements simplistes qui ne prônent que la haine ; la société civile n’est plus qu’une société de consommation clivée et apeurée. Cette surenchère doit cesser… Pour notre part, nous ne laisserons plus ce front nationaliste récupérer le féminisme pour en faire l’étendard des frontières de l’« Occident ». Nous ne laisserons pas un parti, quel que soit le sexe de son chef, nous diviser impunément.

 

Nous luttons contre le grand renfermement dans une Europe forteresse qui transforme le combat historique pour nos droits et nos libertés sur nos corps et nos vies en une valeur de la « civilisation occidentale » et un critère d’intégration islamophobe… Qu’en est-il justement de « Nous » ? Qu’en est-il de « nos » droits ? Qu’en est-il de ces millions de femmes vivantici sous le seuil de pauvreté ou assignées au travail domestique ? Qu’en est-il de l’égalité réelle des sexes et des sexualités ?... Quelle place occupe la lutte contre l’hétérosexisme dans notre société : une société qui maintient les discriminations salariales comme la permissivité des insultes ou l’impunité des violences ? Quels moyens sont alloués à une éducation sexuelle émancipatrice et à l’accès réel aux droits sexuels reproductifs et non reproductifs pour toutes (maintien des centres d’IVG, valorisation et diffusion de la gynécologie médicale, contraception libre et gratuite, accès à la PMA sans discrimination) ?

 

En tant que féministes, comment ne pas exiger l’abrogation des lois qui criminalisent les femmes en raison de leur religion, le développement de mode de garde collectif, la réforme des manuels scolaires et ledéveloppement de la place de l’histoire des femmes, des étudespostcoloniales et de la notion de « genre » dans toutes les disciplines,l’éradication des publicités et des jouets prônant l’hétérosexualité obligatoire,la reconnaissance pleine et entière des droits sociaux des prostituées ? …

 

Quelles leçons prétendons-nous vouloir donner au monde et de quelle histoire voulons-nous être les héritieres ? Nous appelons aujourd’hui à voter pour le candidat qui demeure en position de barrer la route au projet néoconservateur d’une Europe amnésique, pour faire rempart aux politiques avilissantes des droites extrêmes comme des dérives droitières des partis de gouvernement d’ici ou d’ailleurs. Cet appel ne donne nullement carte blanche à M. Hollande ni ne signifie une adhésion à son programme économique et social : nos votes sont une promesse qui charrie le tumulte des combats passés, une promesse vis-à-vis de cette mémoire des luttes, un engagement pour l’avenir.

 

Si nous gagnons cette fois, nous n’oublions pas que les fascistes sont de retour en Europe ; une Europe déchirée et désolée par des décennies d’un néolibéralisme agressif. Fidèles à Virginia Woolf, et à son brulot féministeTrois guinées (expurgé de ses œuvres « complètes » récemment parues dans La Pléiade), nous affirmons que, désormais, quiconque tente de nous instrumentaliser en prétendant défendre le droit des femmes sous couvert de progrès, d’identité nationale ou de défense des frontières européennes – rencontrera sur son chemin une internationale féministe que nous appelons de nos vœux.

 

Pour signer :

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/internationale-f%C3%A9ministe-nous-f%C3%A9ministes

 

 

 

 

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Published by sud-chu-caen - dans Elles
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 09:26

Dans cette tribune, l'urgentiste Patrick Pelloux, rejoint par d'autres médecins, appelle à voter pour François Hollande dimanche, pour un renouveau du système de santé et de l’hôpital public.

 

Les questions de santé ont été très peu abordées lors de cette campagne pour l’élection présidentielle. Pourtant la santé est l’une des préoccupations principales des Français et elle a semblé être cantonnée à des débats de spécialistes. Or, il s’agit bien de choix politiques ultralibéraux qui nous ont conduits, en dix ans, à reculer sur les valeurs humanistes et les acquis du Conseil national de la résistance en matière de santé et de protection sociale.

 

La question fondamentale est de savoir si le système économique est au service du progrès de l’humanité ou si les femmes et les hommes doivent subir l’économie, en l’occurrence une marchandisation de la santé, par exemple avec la tarification à l’activité dans les établissements de santé.

 

Le travail doit être débuté afin d’humaniser notre système de santé. Jamais dans l’histoire de l’humanité nous n’avons eu une telle espérance de vie issue de l’œuvre civilisatrice. Mais en même temps, les inégalités se sont creusées. La santé est devenue une source de profit. L’idée d’un hôpital entreprise inclus dans la loi Hôpital, patient santé et territoire (HPST) est en contradiction totale avec l’hôpital public, élément majeur de stabilité sociale et expression de ce que la science peut faire pour améliorer la vie des femmes et des hommes. Des régressions inquiétantes montrent qu’il y a urgence à changer, comme le recul de la France de la 7e à la 20e place en Europe pour la périnatalité ou le recul de l’espérance de vie en bonne santé.

 

Enfin au cours de ces dix ans, le progrès social pour les personnels hospitaliers a été brutalement stoppé avec une aggravation majeure des conditions de travail. Les patients et leurs familles le constatent au quotidien: surcharge des urgences, manque de lits d’hospitalisation, difficultés d’accès aux soins (notamment en psychiatrie), difficultés pour la prise de rendez-vous dans des spécialités comme l’ophtalmologie, problèmes de prise en charge des personnes âgées ou des adultes handicapés…

 

Mais il n’y a pas que l’hôpital: il faut une véritable articulation des professions de santé entre ceux qui exercent en ville et dans les établissements de santé. Il est nécessaire de créer une université de la santé ouverte à toutes les professions incluant la formation continue indépendante. Il convient de développer la santé dans les écoles, au travail, dans les prisons, mais aussi de mener des politiques de prévention… Tous ces éléments ne font qu’un: celui d’un système de santé moderne et conquérant des nouveaux possibles. Cela ne peut plus continuer ainsi ! Un changement radical de la politique de santé est indispensable. Même si le programme de François Hollande est perfectible, il est porteur d’espérance pour un renouveau du système de santé et de l’hôpital public. Nous voterons donc pour François Hollande, tout en restant très vigilants devant l’urgence humaniste à porter dans notre pays.

 

Patrick Pelloux (urgentiste, Paris), Adrienne Reix (urgentiste Bordeaux), Jean-Luc Baudel (réanimateur médical, Paris), Dalila Serradj (urgentiste Dijon), François Danet (psychiatre, chercheur en sociologie Lyon), Christophe Prudhomme (urgentiste syndicaliste CGT, Bobigny), James Brodeur (anesthésiste réanimateur Bourges), Frederic Pain (urgentiste Parthenay), Jean-Claude Penochet (psychiatre Montpellier), Fabrice Venier (urgentiste Rouen), Carole Fink (soins palliatifs, Lons le Saunier) Jacques Trevidic (pharmacien Caudan), Séraphin Collé (médecin généraliste Toulouse), Olivier Varenne (cardiologue Paris), Karim Boudemia (urgentiste Dijon), Marcel Viallard (Anesthésiste Paris), Daniel Jannière (anesthésiste réanimateur Paris) , Julie Rivière (Gynéco-Obstétricienne Paris) Fabrice Vallée (Réanimateur Paris) Didier Menard (médecin généraliste, Seine-saint-Denis), Pierre Paresys (psychiatre de secteur, Bailleul), Dr Philippe Crova (urgentiste Bourgoin-Jallieu) Christophe Jedrecy (urgentiste, Dourdan).

 

http://www.liberation.fr/societe/2012/05/03/il-faut-humaniser-notre-systeme-de-sante_816101

 

 

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Published by sud-chu-caen - dans Un monde de luttes
2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 18:02

 

 

poissy-hopital

 

Victime d’une logique de réduction des coûts – encore plus criante en banlieue – voulue par la loi Bachelot, cet hôpital des Yvelines « fait flipper ».

 

 Mariam, 26 ans, jure qu’elle pourrait « balancer » des dizaines d’histoires sur l’hôpital de Poissy (Yvelines). Si elle était « friquée », elle ne mettrait pas les pieds dans « cette cour des Miracles ». Qu’elle irait se faire soigner à la clinique, « pour échapper à la descente aux enfers du public ».

 Elle raconte les cinq heures passées avec son père, en janvier dernier, aux urgences de Poissy :

 « C’est un vieillard. Le pauvre grelottait. On avait mis son lit près des toilettes, parce qu’il n’y avait plus de place. L’odeur, le froid étaient insupportables.

 On ne lui avait donné qu’un drap pour se couvrir. J’ai demandé des couvertures, on m’a dit qu’il y en avait pas. J’ai demandé d’autres draps, on m’a dit la même chose. J’ai gueulé, puis je me suis rendu compte que tout le monde s’en foutait. Cela paraissait presque normal. Cet hosto fait flipper. »

 

« Une ambiance de mauvais polar »

 

En 1997, l’hôpital de Poissy a fusionné avec celui de la ville voisine de Saint-Germain-en-Laye, formant l’une des structures hospitalières les plus importantes d’Ile-de-France : environ 4 000 personnes employées, 1 200 lits, pour un bassin de population de plus de 600 000 habitants. L’une des plus mal gérées et des plus tourmentées aussi. La première préoccupation des personnes rencontrées est d’éviter à tout prix cet établissement.

 En plus des énormes dettes et du déficit de l’établissement, un rapport de la Direction départementale des affaires sanitaires sociales (DDASS) a mis en lumière, en 2009, des malversations et des irrégularités dans l’attribution de marchés publics. Le point de départ de plusieurs enquêtes et d’un long feuilleton.

 Directeurs évincés, procédures judiciaires qui traînent, soupçons autour de politiciens locaux et, récemment, projet de déménagement de l’établissement dans la commune voisine de Chambourcy mis en suspens.

 Début 2011, Le Point décrivait un hôpital où « l’intérêt du patient passe en second », Le Parisien « une ambiance de mauvais polar » et « un gâchis ».

 

« En sortant, tu ne sais pas si tu as été bien soigné ! »

 

Le mot « gâchis » reviendra plusieurs fois dans la bouche de Mariam, qui ne veut cependant pas accabler le personnel dans son témoignage :

 « En regardant les aides-soignants, les infirmières et les médecins, on comprend qu’ils n’y peuvent pas grand-chose. Tu y entres et en sortant, tu ne sais même pas si tu as été bien soigné. »

 Lucile Cranney, infirmière et membre du syndicat SUD de l’hôpital, confirme : « Cet hôpital part en sucette. »

 Sur les urgences de Poissy, régulièrement pointées du doigt par les usagers, elle dira qu’elles sont à l’image de l’établissement :

 « Les locaux des urgences ne sont même plus adaptés puisqu’avec la fermeture pour raison économique de celles de Saint-Germain-en-Laye la nuit et les week-ends, nous devons tout assumer. Sans moyens humains et économiques supplémentaires. »

 Khadija, 52 ans, habite « dans le coin » depuis 1984. Opérée du pied en 2010, puis de la hanche en 2011, elle soupire :« Les médecins n’ont même plus le temps de communiquer, ni de vous expliquer correctement, car une seule chose les obsède : vous réexpédier chez vous par tous les moyens, parfois sans diagnostic.

 J’ai connu cet hôpital dans les années 80 et 90. Je peux dire sans trop m’avancer que les conditions pour les patients étaient meilleures. »

 

Absentéisme et dépression chez le personnel

 

Le récit de Florent, 29 ans, originaire de la commune voisine d’Achères, est le même. A quelques mots près :

 « C’était un week-end en début d’année. J’avais chopé la mononucléose. J’étais à bout. Je l’ai appris par mon médecin traitant le lundi, qui ne m’a pas cru quand je lui ai dit qu’à Poissy, le samedi soir, ils m’avaient prescrit du Doliprane et du repos.

 Le médecin qui m’a ausculté là-bas était plus crevé que moi. Il n’avait qu’une envie : que je dégage. »

 « Le personnel qui a des diplômes et qui peut se vendre ailleurs s’enfuit, sans vraiment être remplacé », glisse Lucile Cranney. La fuite du personnel, des compétences, mais pas seulement :

 « La politique du chiffre à court terme, c’est plus de contractuels, plus de CDD. Parmi les médecins aux urgences, beaucoup ne sont que vacataires. Le taux d’absentéisme est important, celui de dépression aussi. Les rapports avec la nouvelle direction sont très compliqués. [...]

 

On a oublié les desseins premiers de l’hôpital. C’est devenu une entreprise comme une autre. On parle de santé là ! »

 

« Les économies ne se font jamais au détriment des usagers »

 

Si le nouveau directeur de l’hôpital de Poissy-Saint-Germain, Yves Bloch, reconnaît une baisse du « personnel non qualifié », il refuse néanmoins de lier le malaise des patients et du personnel à la situation économique de l’établissement :

 « Tous les établissements doivent faire avec le budget serré, mais les économies ne se font jamais au détriment des usagers. Il est clair néanmoins que nous ne travaillons pas dans les conditions matérielles que nous voudrions, bien que notre ambition soit d’être toujours au niveau. »

 Il se projette vers 2014 et l’ouverture, hypothétique, d’un nouveau bâtiment, plus grand, plus adapté pour accueillir les urgences de Poissy. Dit que dans certains cas, l’urgentiste est dans l’impossibilité d’établir un diagnostic clair, « parce que les choses mettent parfois plusieurs jours à être visibles ». Qu’’il reçoit, parfois, des lettres de remerciements.

Supprimer la loi Bachelot

 Je lui fais part de certains témoignages. Celui de Mariam notamment. L’histoire des couvertures :

 « Je ne nie pas les difficultés et m’en excuse d’ailleurs auprès des patients. [...]

 Sans remettre en cause les réclamations, il est vrai aussi que lorsque que quelqu’un vient aux urgences, il s’attend – et c’est humain – que l’on s’occupe de lui tout de suite. Il voit tout négativement, parce que son état l’y encourage. »

 

En septembre 2011, un collectif regroupant usagers, personnel de l’hôpital et associations s’est formé pour la défense de l’hôpital de Poissy-Saint-Germain. Il milite, entre autres, pour la réouverture 24 heures sur 24 des urgences de Saint-Germain-en-Laye et la suppression de la loi Hôpital, patients, santé et territoires de 2008, promulguée pour ramener l’hôpital public à l’équilibre budgétaire.

« Demain, il n’y aura peut-être plus d’hôpital public »

 

Fabienne Lauret, retraitée de l’usine Renault et membre du collectif, dénonce une volonté « très claire » de sacrifier « le public au profit du privé » et de booster l’activité des cliniques :

 « On met en concurrence les hôpitaux et on privatise les services les plus rentables de l’hôpital public. On ne prend ni en compte les besoins de la population, ni ceux du personnel.

 On est dans une logique de réduction des coûts complètement aveugle, décidée arbitrairement, sans aucune concertation. »

 

Dans Le Courrier des Yvelines du 7 décembre 2011, les mots de Christian Lehmann, écrivain et médecin généraliste à Poissy, étaient plus durs :

 « Il est peut-être déjà trop tard. Demain, il n’y aura plus de médecine tournée vers l’individu, plus de médecine générale, plus d’hôpital public. Vous serez soignés comme vous avez été vaccinés contre H1N1. Un mélange d’étatisme et d’incompétence. »

 

Source : RUE89

 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 08:36

A l'appel de la CGT, de la CFDT, de la FSU, de Solidaires et de l'UNSA 10000 (vrais(es)) travailleurs et travailleuses ont défilé dans les rues de Caen.

 

 

  Cliquez sur la photographie ci dessous pour accéder au diaporama

 

1er mai 2012 Caen (6)

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 08:34

 

 

Source : Ouest-France

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