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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 08:44
Grève à l'hôpital : «Cette espèce de pression, ça devient dramatique»

Ce lundi, certains médecins hospitaliers, en particulier les réanimateurs, se mobilisent pour dénoncer le mauvais climat dans leurs établissements. La thèse d'un sociologue pointe les dérives d'une logique trop administrative.

Il y a comme un ras-le-bol, un agacement persistant contre le mauvais climat qui perdure à l’hôpital public. Ce lundi, ce sont essentiellement les anesthésistes et réanimateurs qui ont déposé un préavis de grève. Ils revendiquent de meilleurs salaires, et des conditions de travail plus claires. Signe de ce malaise, aujourd’hui, un nombre non négligeable de postes d’anesthésie ne sont pas pourvus, y compris dans les centres universitaires. Y aurait-il quelque chose de pourri dans le royaume des hôpitaux publics ? De fait, une gestion très comptable s’est imposée depuis quelques années, pour tenter de mieux encadrer le coût des hôpitaux. Cette politique, souvent nécessaire, manque singulièrement de souplesse. La thèse d’un sociologue de l’Ecole des mines de Paris, Pierre-André Juven (1), autour de la question des coûts de l’hôpital, montre bien les ambiguïtés de cette gestion par trop administrative.

«On devient fou»

Un exemple ? Pour rentabiliser leurs établissements, les directeurs d’hôpitaux ont souvent pour obsession la réduction des temps de séjour. Ce sociologue montre les incongruités actuelles, en s’appuyant sur le témoignage d’un chirurgien d’un grand hôpital, convoqué par sa direction, celle-ci estimant que certains de ses patients plombent la durée moyenne de séjour. Ce médecin, note notre chercheur, aurait pu être félicité par sa direction, car d’une année à l’autre, il produit plus d’actes de soins que l’année précédente. Bref, il rapporte de l’argent, mais aucune félicitation. Au contraire, on lui demande de rendre des comptes. Il raconte : «J’ai reçu ce mail du directeur de l’hôpital, le 6 juin à 11h40.» Le directeur lui écrit : «Nous travaillons sur la durée moyenne de séjour ; nous devons nous voir.» Et ce médecin de poursuivre : «Il m’adresse en pièce jointe les durées de séjour, avec des patients entourés. C’est le directeur lui-même qui a entouré les chiffres, entouré à la main. 23 jours, 27 jours, 44 jours, 35 jours, 69 jours. A la directrice des finances, je lui donne un exemple. Une femme de 91 ans, je l’ai opérée le 24 mars d’une occlusion, cela ne leur rapporte rien du tout, c’est un acte coté 200 euros en honoraires. Elle n’a pas de tare cette dame-là, elle a 91 ans, elle marchotait, mais elle est vieille, elle a une éventration parce qu’elle a déjà été opérée et avec l’éventration, tous les muscles ont lâché, elle n’a plus de muscles du tout. Je l’ai opérée, elle s’en est bien sortie, mais le temps que cela reprenne, un transit, sous la peau, c’est long. Cela a pris trois, quatre semaines avant qu’elle ait un transit correct. Et puis le temps qu’on la retape. On l’a gardée [à l’hôpital, ndlr] pour la surveiller, pour la remettre en forme, elle vomissait, et au bout d’un mois ou deux on a lancé les convalescences, parce qu’elle ne peut pas être seule, mais personne ne voulait la prendre. Qu’est ce que tu veux que je fasse ? Prendre le téléphone et appeler toutes les maisons de retraite, pour dégager une personne, mais on devient fou…»

«Machines à acte»

Et ce chirurgien de réfléchir à voix haute : «Tu trouves que c’est normal qu’on remette en cause notre pratique ? Parce qu’on garde les gens ! Tu crois que c’est par plaisir qu’on garde les gens ? C’est l’effet pervers du système, ils veulent quoi, trier des gens qui vont rentrer chez eux ?» Et il prend un autre exemple : «Mme Martin, 23 jours. Je l’ai opérée en septembre d’un cancer du rectum qui ne répondait pas à la chimio, elle a 65 ans. Mais à 23 jours, impossible de la sortir cette dame, elle souffre le martyre…» Et de nouveau, il détaille l’histoire de cette patiente : «Elle m’avait recontacté, il y a deux mois, elle m’appelait par téléphone : "Ça va pas, j’ai trop mal, cela s’est rouvert"… Je la vois, je dis que c’est pas possible qu’elle souffre autant, il faut que je l’hospitalise, je la reprends au bloc pour un pansement qui ne coûte rien du tout, donc j’ai bloqué le bloc pendant 15 minutes pour une intervention peanuts. Comment voulez-vous que l’on fasse des pansements à domicile avec la souffrance qu’elle a. On a mis les soins palliatifs sur le coup, on nous dit qu’elle n’a rien à faire en chirurgie, mais elle ne connaît pas les soins palliatifs, c’est moi qui l’ai opérée, c’est moi qui l’essuie, mais il faut se rendre compte, on n’est pas des machines à acte, on n’est pas des machines à produire des interventions, c’est cela qui me rend fou. Effectivement il faut un peu de contrôle, il y a des abus, c’est normal, mais cette espèce de pression, ça devient dramatique.» Et c’est ce que pointe en résumé le sociologue : «La maîtrise des coûts ne doit pas être le seul fait d’une contrainte, mais un sentiment partagé.» On en est manifestement loin.

Source: liberation.fr

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 19:08

De plus en plus d'infirmiers et d'aide soignants se plaignent de leurs conditions de travail. Mais que se passe t'il donc dans nos hôpitaux français ?

Loin de Nina la série télé qui bientôt reprendra du service sur France 2, loin de Grey's Anatomy et de tous les clichés véhiculés, le monde médical va mal.

Mais pourquoi donc se plaignent-ils ?

Départs à la retraite non remplacés, soignants débordés, horaires intenables,

heures supplémentaires non payées, et jours de récupération impossible à caser

dans le planning parce qu'il "manque quelqu'un". Voilà le quotidien de nos soignants.

À cela s'ajoute, une prise en charge concernant d'autres êtres humains, où il faudrait du temps, où il faudrait des moyens. Sauf que les restrictions budgétaires,

joliment nommées "économie de la santé" ne permettent pas forcément de

prendre ce temps et d'avoir les moyens adéquats.Travailler à flux tendu

impose obligatoirement une qualité moindre de soin, et c'est comme ça

qu'une infirmière nouvelle dans un service arrive à se retrouver seule, dès le

deuxième jour avec une aide-soignante, venant elle aussi d'arriver dans la structure.

Si les soignants se plaignent aujourd'hui, ou plutôt si les soignants résistent

contre ce qu'on leur impose, c'est surtout pour éviter des erreurs médicales, et la venue de la maltraitance. La lutte des soignants, c'est pour qu'un maximum

de patients soient pris en charge de la meilleure façon possible.

Lorsque les soignants se mettent en grève et manifestent, c'est pour éviter des

drames, qui dans les conditions actuelles risquent réellement de devenir

monnaie courante. Si les soignants s'élèvent, pour protéger leurs conditions de

travail, c'est aussi pour protéger leurs patients actuels et à venir

Infirmiers, Aide-soignants, mais pas que...

Bricoleurs lorsqu'un fauteuil roulant est cassé, électriciens lorsque la télévision d'une chambre est en panne, plombiers lorsqu'il n'y a plus d'eau chaude et qu'il faut faire la toilette d'un patient, assistantes-sociales face à certaines situations et problématiques qui dépassent clairement le domaine du soin, un peu psychologue, un peu tout et surtout humains.

C'est là, que ces métiers deviennent difficiles, avec l'Homme, vous ne pouvez pas faire comme avec des machines. Soigner quelqu'un, c'est être en face d'une autre individualité, avec son passé, son caractère, ses refus, ses craintes. Soigner, efficacement, correctement demande du temps.

Infirmiers, Aides-soignants, avec une crainte terrible, celle de la maltraitance. Celle de ne plus pouvoir répondre à une situation que d'une mauvaise façon. Au-delà du soignant lui-même, les conditions de travail se mettent à imposer cette maltraitance. Involontairement, le soignant se rend pourtant compte que la situation est anormale, mais il n'a pas le choix, piégé entre une direction qui impose et une réalité qui en est totalement différente de la théorie papier.

Dans certaines maisons de retraite, on compte jusqu'à 15 toilettes le matin à réaliser en 7h et 11h, la maltraitance ne commence-t-elle pas tout simplement par le ratio patients-soignants ? Comment s'occuper dignement d'une personne âgée, si ce qu'on demande, c'est un quota d'environ 4 toilettes par heures? Comment écouter son patient, comment prendre le temps d'une prise en charge holistique, humaine et globale si chaque minute est comptée et que le retard sur la journée s'accumule dès 8h du matin ?

Travailler autour des humains, c'est ça aussi. Faire face à l'imprévu, au patient qui décompense, ou au patient qui parfois a aussi besoin d'un peu plus de temps.Alors, n'oublions pas que les soignants, même exténués en fin de journée, ou de nuit sont là pour nous, qu'ils ne connaissent pas les jours fériés, ni les weekends. Il est important de soutenir les professionnels de santé, qui n'hésitent pas à se rebeller contre un système qui certes, les épuise, mais surtout, qui a force devient dangereux y compris pour les soignés. #santé #infirmier #aide-soignant

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 05:55
Smur-Samu de l'Orne : « Halte à la casse » s'indigne Alain Lambert

Face à la grève qui secoue les services d'urgence ornais, le président du Département, Alain Lambert, fait part de son « vif mécontentement » et demande à la direction de l'hôpital d'Alençon d'ouvrir le dialogue « en toute transparence ».

Depuis mardi, les assistants de régulation médicale du Samu d'Alençon sont en grève. Ils craignent une régionalisation de leur service. La situation pousse le président du conseil départemental de l'Orne, Alain Lambert, à « exprimer son très vif mécontentement. Je n'interviens jamais sur les conflits sociaux ne relevant pas de mon autorité » mais « j'estime que cette crise met en danger des vies et qu’il est de son devoir de lancer une alerte ».

L'élu centriste rappelle que « le Département est co-financeur des services d’urgence. Il contribue par exemple pour l’hélicoptère à hauteur de plus de 360 000 € par an, soit presque 1,5 million d'euros en quatre ans, et pour le Samu centre 15, à près de 200 000 € par an. L’absence totale d’information sur les motifs financiers invoqués par la direction de l’hôpital d’Alençon rend opaque un débat qui devrait être ouvert en toute transparence entre Institutions ».

Le soutien du conseil départemental « constitue un levier financier important qui justifie cette nécessité de transparence. Si la direction de l’hôpital reçoit des orientations de l’Agence régionale de santé (ARS), sa large marge d’interprétation personnelle est contestable ».

Ce sont donc « les méthodes de la direction » que le président du Département met « clairement en cause. L’Orne est un modèle d’organisation de ses urgences, en liens forts avec la médecine libérale, elle ne laissera pas détruire ce modèle, à cause d’une direction sourde et imperméable au dialogue. Ce dialogue doit se nouer dans les plus prochains jours, le conseil départemental l’attend ».

Les assistants de régulation médicale sont les premiers interlocuteurs des personnes qui composent le 15, en cas d'urgence médicale. Ils déclenchent les ambulances privées, le service d'aide médicale urgente (Smur), les hélicoptères, etc. Actuellement, le Samu d'Alençon réceptionne tous les appels du département.

Source:ouest-france.fr

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 09:24
Près de 400 retraités manifestent à Caen pour défendre leur pouvoir d'achat

"Ras le bol d'être considérés comme des privilégiés !" : alors que les pensions moyennes sont en France de 1306 euros bruts par mois, les retraités ont fait savoir qu'ils en avaient marre qu'on pointe du doigt leurs avantages. Surtout que leur pouvoir d'achat ne cesse de baisser.

Ces 3 dernières années, les pensions n'ont été augmentées qu'une fois de 0,1%, c'était il y a tout juste un an. Et pour 2016 ? "Pas de hausse" a prévenu le gouvernement. D'où la colère des retraités. Pour Jean-Luc Lemarois, secrétaire général de l'Union CGT des Retraités du Calvados "rien ne change. En 3 ans, on a eu 1 euro de plus alors que les actionnaires touchent des dividendes. Aujourd'hui, on a des retraités qui sont obligés de repartir au travail, c'est inadmissible alors qu'ils ont bossé toute leur vie."

On perd 1 à 1,5% par an

Depuis quelques années, les pensions sont indexées sur l'inflation et non sur les salaires. Du coup, les retraités paient la note : "on perd 1 à 1,5% de pouvoir d'achat chaque année" note Robert Olivier de Sud Solidaires Retraités. Aujourd'hui, 1 million de retraités vivraient en-dessous du seuil de pauvreté.

On parle très peu des retraités aujourd'hui

Cinquième manifestation en 2 ans pour les retraités, sans que cela change vraiment les choses jusqu'à présent. A 7 mois de l'élection présidentielle, la donne va-t-elle évoluer ? Pour Denise De Monte de la FSU en tout cas : "on parle très peu des retraités dans le débat mais on est dans la rue aujourd'hui et on va continuer."

Près de 400 retraités manifestent à Caen pour défendre leur pouvoir d'achat
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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 08:53

Marisol Touraine : "J'ai été attristée d'apprendre les suicides d'infirmiers"

A l'occasion des 14e journées nationales d'études des directeurs de soins qui se sont tenues les 28 et 29 septembre, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, s'est exprimée sur le rôle et l'importance des directeurs de soins alors même que la profession peine à trouver des candidats. Pour moi, le service public hospitalier c’est aussi reconnaître l’implication de celles et ceux qui y travaillent et qui sont animés par un engagement profond pour les valeurs d’égalité et de fraternité. C’est pourquoi j’ai voulu placer les directeurs de soins au cœur des réformes structurelles que j’ai engagées (…) d’une part, en confortant [leur] place au sein des instances dirigeantes des établissements. D’autre part, en faisant [d'eux] un maillon indispensable des groupements hospitaliers de territoire. Pour la ministre, la réforme des GHT devrait régler en partie le manque d'attractivité de la profession notamment en renforçant immanquablement le rôle et la visibilité des directeurs de soins. Évoquant une évolution du métier et de sa formation, la ministre a abordé la problématique salariale. Je vais demander aux services de mon ministère de mener une large réflexion pour tirer les conséquences de cette évolution sur votre grille statutaire. Enfin, Marisol Touraine est revenue sur la vague de suicides qui touche actuellement les infirmiers, impliquant les directeurs de soins dans ses actions à venir. J’ai été attristée d'apprendre le décès par suicide de plusieurs infirmiers au cours des dernières semaines. Je suis particulièrement mobilisée pour que ces actes tragiques soient considérés avec toute l'attention qui s'impose. Et d'ajouter : C’est pour apporter des réponses concrètes à cette situation particulièrement préoccupante que je présenterai très prochainement un plan pour l’amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé. Je veux que vous soyez associés à l’élaboration de son plan. Cela me parait indispensable pour garantir, par la suite, sa mise œuvre et son suivi au sein des établissements de santé. Un plan qui pour l'heure n'a toujours pas été développé par la ministre.

Source:infirmiers.com

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 08:49
Angers. Des tensions et un droit d'alerte aux urgences du CHU

Les syndicats FO, CGT et Sud ont déposé un droit d’alerte à la suite de faits de violences, au CHU d'Angers. Des réflexions sont en cours.

« Plusieurs actes de violence envers le personnel ont eu lieu ces derniers jours aux urgences adultes du CHU d’Angers. » Les syndicats FO, CGT et Sud ont déposé un droit d’alerte, jeudi 22 septembre, à Angers. Ils veulent mettre à plat les différentes problématiques que connaissent les urgences adultes, service dans lequel exercent 176 agents paramédicaux et administratifs et 43 médecins et internes.

Incivilités ou violences ?

Sur cinq événements déclarés entre le 9 et le 14 septembre – « des incivilités » pour la direction,« des situations d’une extrême violence » pour les syndicats – une infirmière aurait reçu un coup.

Un maître-chien

À la suite du droit d’alerte, direction, chef de service et organisations syndicales se sont réunis mardi 27 septembre. Les discussions aboutiraient à l’installation d’autres systèmes d’alarmes pour les agents et d’autres caméras de vidéosurveillance, et au retour d’un maître-chien aux abords des urgences.

Source: ouest-france.fr

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 08:45
Les hospitaliers toujours en grève à Emile-Roux

Les conditions de travail sont pourries ». L’inquiétude et le ras-le-bol sont manifestes, ce jeudi matin devant à l’hôpital Emile-Roux de Limeil-Brévannes. En grève depuis mardi, des salariés protestent contre la réorganisation du temps de travail, découlant du plan Hirsch, patron de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP). « On est inquiets quant à la santé des personnels, l’hôpital ne peut plus répondre à sa mission », déplore-t-on du côté de l’intersyndicale CGT-Sud-FO. Absence de concertation sur les emplois du temps, périodes de vacances sont imposées, plus assez de personnel pour répondre à la charge de travail… les griefs sont nombreux. « Et un soignant qui soigne mal, il le vit mal », craint-on chez les grévistes.

Source: leparisien.fr

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 09:16
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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 09:03
La Haute Autorité de Santé retire son accréditation à la Maternité des Bluets!

La Haute Autorité de Santé vient de rendre une décision grave, brutale et lourde de conséquences pour les parisiennes et les parisiens, en décidant de retirer son accréditation à la Maternité des Bluets.

Il est inadmissible que du jour au lendemain une telle décision remette en cause l’existence même de cette maternité de l’est parisien.

Cette maternité a une belle et grande histoire, berceau de la méthode de l’accouchement sans douleur dans notre pays. Sa réputation dépasse largement le territoire du 12ème arrondissement où elle est implantée.

Il paraît impensable que les reproches qui sont fait débouchent sur une telle sanction avec des conséquences graves pour le personnel, les familles et les enfants.

La logique de concentration des établissements de naissance va-t-elle faire une autre victime après la fermeture de la maternité Saint Antoine dans le 12ème ? Seule les « usines à bébés » auraient un avenir ?

Je ne peux croire que certains utilisent les difficultés de gestion de la maternité pour rayer d’un trait de plume un établissement fondé par la CGT en 1947.

Une maternité ne peut pas être instrumentalisée à des fins de règlements de compte politiques.

La fermeture de cette maternité serait une catastrophe pour les parisiennes et les parisiens.

J’en appelle à la responsabilité de chacun des acteurs dans ce dossier, et à la mobilisation des usagers parents, personnels et élus parisiens pour défendre l’avenir de la Maternité des Bluets.

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 09:00

Nous allons vers une médecine à double vitesse : une pour les riches et une pour les pauvres.

Je suis en médecine. Vous allez peut-être vous dire oulala les privilégiés pourquoi un témoignage, je vous laisse lire la suite.

Je passe sur les 4 années à mi temps à l’hôpital payés : rien en 3ème année, 100€/mois en 4ème, 150€ en 5ème et 225€ en 6ème. Nous sommes là pour apprendre bien que certains services ne tournent pas sans nous. Vous constaterez que nous sommes quand même les stagiaires les moins bien payés de France, ce qui directement sélectionne les personnes pouvant faire médecine : pas les plus motivés, ni les plus humains mais les plus privilégiés.

Je passe aussi sur le sexisme à l’hôpital omniprésent et complètement libéré : se faire traiter de salope parce qu’on est arrivée en retard, entendre ouvertement que c’est un service qui n’embauchera pas de médecin femme : c’est chiant elles font des gosses… Je pourrais écrire des pages là dessus.

Je passe aussi sur le poids de la hiérarchie toute puissante à l’hôpital qui permet absolument tout à des médecins chefs inhumains.

Je passe sur le fait que les étudiants en médecine apprennent souvent que toute personne n’étant pas médecin est une merde.

Je passe sur l’omniprésence des laboratoires pharmaceutiques dans certains services, avec tous les conflits d’intérêts que ça comporte.

Je passe sur les réels problèmes organisationnels à l’hôpital où l’optimisation, la réduction de la main d’œuvre et la réduction des couts sont appliqués ici comme ailleurs au dépends des patients. Sauf qu’ici c’est un lieu où nous sommes censés vous soigner et que maintenant nous devons faire de la rentabilité. La T2A : tarification à l’activité, une catastrophe pour la qualité des soins.

Dans la ville où je suis, j’ai appris qu’ils allaient fermer des services de réanimation à l’hôpital public faute de moyens. La demande reste élevée. C’est donc l’hôpital privé d’à côté qui en ouvre un. La réanimation ne devrait pas être ailleurs que dans le public.

Nous allons vers une médecine à double vitesse : une pour les riches et une pour les pauvres, ça me désole.

Pour fuir un petit peu tout cela mais surtout parce que c’est ce pourquoi j’ai fait médecine, je serais médecin généraliste. Ici aussi, surprise, la rentabilité s’est invitée.

Les médecins généralistes ont une ROSP : Rémunération sur Objectifs de Santé Publique, qui est censée contrebalancer la non revalorisation du prix de la consultation depuis plusieurs années. Ça pourrait être bien sauf qu’un certain nombre « d’objectifs de santé publique » ne sont pas des objectifs de santé publique mais de rentabilité teintés de conflits d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique : avoir un certain taux de vaccination parmi sa patientèle, un certain nombre de femmes dépistées du cancer du sein… Certains sont clairement scientifiquement contestables.

Le médecin est donc tenté de se dire qu’il lui manque un certain nombre de vaccinés, de dépistés ou autre pour l’objectif fixé par la ROSP. Il propose non plus en fonction des besoins des patients, mais d’un objectif à obtenir.

C’est comme ça que devenez des chiffres, des pourcentages à soigner.
Le pire c’est que vous payez aussi pour ça, vous vous en rendez moins compte que lorsque vous faites le chèque directement au médecin, mais c’est bien vous qui payez quand même.

Dernière mauvaise nouvelle : ils discutent d’y ajouter les arrêts de travail à cette ROSP : vous avez une angine c’est maximum 3 jours d’arrêt de travail, une grippe : 5 jours pas plus. Les variabilités, les difficultés individuelles, peu importe, vous devenez des chiffres, des objectifs.
La réalité en médecine générale c’est « j’ai une angine ET mon chef me fait faire des heures supplémentaires, je suis épuisé », nous vous arrêtons 7 jours et non 3, pour essayer de contre balancer. C’est déjà de moins en moins possible, mais là ça va devenir impossible.

J’ai le sentiment que la loi travail avec tout ça, vous serez cernés de tous les côtés, nous serons impuissants à voir votre santé se dégrader.

Les intérêts des puissants, de l’industrie pharmaceutique sont apparemment bien supérieurs à nos vies, notre santé…

Voilà, je dresse un tableau noir mais je ne suis pas très optimiste. Je serais médecin généraliste dans très peu d’années, je suis probablement privilégiée parce que assurée d’un boulot mais j’ai peur de la médecine que je vais devoir exercer. J’ai peur pour vous parce que définitivement on vaut mieux que ça.

Source: onvautmieux.fr

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