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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 08:27
Primes supprimées, absence de dialogue social : la fièvre monte au CHD

CGT et FO du CHD ont adressé une lettre à leur direction pour se plaindre d’un «manque de dialogue social» et de décisions allant à l’encontre du bien-être des salariés et patients

Les syndicats CGT Santé et action sociale et Force Ouvrière du CHD bouillent depuis des mois. La raison : «une dégradation du dialogue social avec la direction du CHD, indique Elisabeth Talbot, de la CGT. Depuis l’arrivée du nouveau directeur, on se heurte à un mur, à un cynisme poli. On nous informe des décisions sans en avoir débattu auparavant». La dernière en date, la suppression de la prime des aides-soignants et infirmiers contractuels. «La direction nous en a fait part lors du dernier Ce le 10 mars. Cette annonce faisait partie des questions diverses et nous a été présentée comme une information, sans aucune discussion au préalable, déplore Dominique Limouzin, délégué FO. Cette prime était versée depuis 40 ans et représente 10 % du salaire de ces contractuels dont le statut est déjà précaire». Dans le contexte économique actuel, les syndicats n’acceptent pas cette «économie».
Cet exemple, qui plus est, est «la goutte d’eau» qui fait déborder le vase déjà plein de colère. Depuis plusieurs mois, ces mêmes syndicats dénoncent le fonctionnement que l’on impose dans les Ehpad gérés par le CHD. «La direction a décidé de supprimer 10 % des effectifs dans les services et nous demande de revoir nos soins sanitaires, explique la déléguée CGT. Clairement, on nous demande de ne plus laver et lever les gens tous les jours». Une aberration pour les syndicats, et surtout les salariés «qui ont le sentiment de faire de la maltraitance, note Elizabeth Talbot. Dans certaines structures, c’est déjà le cas. Des gens sont levés un jour sur deux et, chose qui avait disparu, on voit revenir le problème des esquarres».

Lettre ouverte

Malgré ces alertes, les syndicats disent ne pas être entendus et consultés.
Vendredi dernier, ils ont mis noir sur blanc leur colère et leurs revendications dans une lettre ouverte adressée au directeur du CHD, principal visé dans cette «absence de dialogue», mais aussi à Cécile Courrèges, directrice générale de l’ARS des Pays de la Loire, et au président du conseil de surveillance du CHD Vendée, Antoine Chéreau. «Tous sont au courant, mais nous demandons une rencontre pour que nos revendications soient vraiment prises en compte», conclut Dominique Limouzin. Pour appuyer cette action épistolaire, les agents de l’Ehpad de Luçon se sont mis en grève mercredi.

La direction répond

Contacté, Yvon Richir, directeur du CHD, se dit «surpris par la forme, mais pas sur le fond». Et assure que «le dialogue existe. Les syndicats sont actifs au sein des instances représentatives et il y a aussi des commissions qui fonctionnent, que ce soit par exemple pour les plannings, les formations. Mais qui dit dialogue ne veut pas dire être d’accord sur tous les sujets.» Ainsi, sur la suppression des primes aux contractuels, Yvon Richir explique son obligation «à respecter un budget et à rentrer dans les clous de la règlementation. Il s’agissait là d’accords datant de plusieurs années dans le cadre des 35 heures et qui ne rentrent plus aujourd’hui dans la règlementation, insiste le directeur du CHD. Je comprends ce que ces deux syndicats affirment, mais je ne vois pas comment faire autrement».
Concernant les Ehpad, le retrait de 10 % des effectifs et la révision des soins, Yvon Richir comprend l’inquiétude, car «c’est une nouvelle organisation qui vient d’être mise en place et qui pourra avoir des ajustements si besoin. Ce que nous avons d’ailleurs fait sur certains Ehpad avec un renfort d’aides-soignants, les résidants étant de plus en plus âgés et dépendants. Mais je rappelle qu’un Ehpad est avant tout un lieu de vie. Ce n’est pas un hôpital. Nous avons eu trop tendance à mettre l’accent sur le sanitaire et pas assez sur la vie des résidants. Et rendre la vie des résidants agréable, c’est aussi du soin». Ce qui vient d’être fait avec des animations programmées le week-end dans les Ehpad, «ce qui n’était pas le cas avant.»

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 15:24

PARIS, 24 mars 2015 (APM) - Trois syndicats de médecins hospitaliers ont annoncé, dans un communiqué commun, qu'ils se joignaient à la journée de grève et à la manifestation organisées jeudi 9 avril "contre l'austérité".

Les fédérations CGT, FO et SUD du secteur de la santé, du social et du médico-social ont déjà appelé, dans un communiqué commun, à participer à cette journée de grève interprofessionnelle lancée par les confédérations CGT et FO ainsi que l'union syndicale Solidaires.

Dans un communiqué diffusé lundi soir, l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf), le syndicat national des médecins hospitaliers (SNMH) Force ouvrière (FO) et le collectif médecins de la fédération CGT de la santé et de l'action sociale affirment qu'"aucun médecin ne peut être d'accord" avec les différentes mesures qui sont envisagées concernant les hôpitaux.

Faisant référence au plan de 3 milliards d'euros d'économies dans les hôpitaux sur trois ans, ils protestent plus particulièrement contre le projet de réduction de la masse salariale de 860 millions d'euros, soit "22.000 suppressions d'emplois".

Ils regrettent aussi le "refus" du gouvernement d'annuler les emprunts toxiques contractés par les hôpitaux "alors que ces derniers croulent déjà sous une charge d'emprunt insupportable".

Ils protestent contre la création, obligatoire, des groupements hospitaliers de territoire (GHT). "Ceci n'aboutira qu'à la fermeture massive et à la restructuration, à marche forcée, des hôpitaux publics, des services médicaux, des lits d'hôpitaux et à la disparition de spécialités médicales", estiment-ils.

Les trois organisations contestent enfin la mesure visant à autoriser les médecins hospitaliers à prendre leur retraite à 72 ans.

Le 9 avril, elles comptent réclamer le retrait du projet de loi de santé, l'arrêt des restructurations et des suppressions de postes dans les établissements, l'effacement de la dette des hôpitaux et demander "des moyens à la hauteur des besoins pour les malades".

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 13:26

Martin Hirsch, directeur général l’Assistance publique -

INTERVIEW - Le directeur général de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris propose aux syndicats de réviser le protocole de 2002 sur le temps de travail. L’objectif est d’économiser 20 à 25 millions par an via une meilleure organisation et d’éviter des suppressions de postes.

Les hôpitaux doivent économiser 3 milliards en trois ans. Qu’est-ce que cela implique pour l’AP-HP, qui pèse 10% des budgets hospitaliers ?

Rien de plus que les objectifs que nous avons inscrits, l’an dernier, dans notre plan de financement pluriannuel approuvé par nos tutelles. Ce plan intégrait ces économies et a d’ailleurs été soumis aux médecins et aux syndicats. Après avoir réalisé un effort de 125 millions d’euros en 2014, nous avons programmé cette année 150 millions de gains d’efficience en conjuguant des développements ciblés d’activité répondant aux besoins de santé et une maîtrise des charges, qui représente environ 40% de l’effort. Il en faudra d’autres, importants, les années suivantes qui sont inscrits dans notre trajectoire depuis l’année dernière. Nous visons un retour à l’équilibre en 2016, après avoir ramené notre déficit à moins de 50 millions en 2014. Toutes les transformations que nous engageons visent à améliorer le service rendu au patient, à maintenir un haut niveau d’investissements, à lutter plus activement contre les difficultés d’accès aux soins. Il ne s’agit pas de faire des économies pour nous recroqueviller mais pour adapter notre offre à des parcours mieux articulés avec nos partenaires.

La masse salariale pèse 60% dans votre budget. Les syndicats craignent d’importantes suppressions de postes…

Si on ne changeait rien à notre organisation, à notre manière de travailler, alors oui, il faudrait supprimer plusieurs milliers d’emplois pour tenir nos engagements budgétaires. Mais le chantier que nous menons vise justement à préserver les emplois « au lit du malade ». Mieux, l’objectif est d’améliorer des conditions de travail aujourd’hui insatisfaisantes. Nos organisations ne sont souvent plus adaptées à nos activités. Quand un patient arrive le matin et repart le soir pour une chirurgie ambulatoire, il faudrait que l’équipe ait des plages horaires qui correspondent au temps de prise en charge, plutôt que de voir se relayer deux équipes. Nous avons aussi un problème de «concordance des temps», quand le chirurgien, l’anesthésiste, le brancardier, l’infirmier s’attendent les uns les autres. Ce temps mal coordonné coûte cher. Je souhaite entraîner l’AP-HP « à la reconquête du temps perdu ».

Faut-il revenir sur les 35 heures à l’hôpital ?

Nous ne demandons pas de modifier la réglementation, mais nous reprenons l’accord AP-HP de 2002 sur la réduction du temps de travail, qui n’est plus adapté aux enjeux d’aujourd’hui. La majorité des personnels travaillent aujourd’hui 7h36 ou 7h50 par jour, dépassant 35 heures hebdomadaires. Les minutes accumulées font des milliers de jours à rattraper, en récupérations, en RTT. Mais la rigidité de nos organisations fait que souvent, les RTT sont annulées au dernier moment pour faire face au manque d’effectifs, des mensualités de remplacements sont alors dépensées en catastrophe et au final, personne n’est content ! D’où aussi un absentéisme élevé, de l’usure...

On peut changer cela. On peut adapter l’organisation du travail, avec un plus grand nombre de personnes travaillant 7h30 ou 7 heures par jour, d’autres peut-être 10 heures si cela permet de mieux « coller » au cycle de soins pour le patient, de mieux utiliser des blocs opératoires. A l’arrivée, il y aura certes moins de jours à récupérer, mais plus de prévisibilité, et l’on pourra répondre à des demandes non satisfaites, en matière de formation professionnelle notamment. Et on soignera mieux les patients !

Cela permettrait-il vraiment de faire des économies ?

Nous estimons pouvoir escompter au moins 20 à 25 millions d’euros chaque année. Et contrairement à ce que j’entends beaucoup dire, il ne s’agit pas de diminuer la masse salariale, ce qui serait absurde au vu de la hausse continue de nos activités, mais de ralentir sa progression, entre 1% et 2% par an, contre +2,23% en 2014. Sachant qu’une grande partie de la hausse est liée à des contraintes «externes », comme la hausse sur deux ans des cotisations retraite.

Faut-il un accord des partenaires sociaux pour appliquer la réforme ?

Juridiquement non, mais toute mon action est tournée vers la recherche d’accord parce que je suis convaincu que ces changements peuvent être générateurs de progrès social. Et parce que j’ai un profond respect pour les représentants des personnels avec lesquels je travaille étroitement depuis mon arrivée.

Les syndicats vous reprochent d’aller trop vite…

2015 est une année charnière où nous engageons de front des chantiers importants, pas seulement dans le champ social, mais tous indispensables. Si nous nous contentions d’appliquer les plans de maîtrise des dépenses votés chaque année au Parlement sans faire ces réformes de fond, cela nous conduirait à renoncer à des milliers d’emplois. Il ne faut pas perdre de temps, sinon l’AP-HP se fera imposer les choses. Je veux que nous restions maîtres de notre destin. Après, si le dialogue social est constructif, nous saurons aussi nous mettre d’accord sur des calendriers.

Quels efforts seront demandés aux médecins ?

Les changements sur le temps de travail vont de pair avec les réorganisations d’activité pour lesquels les médecins se disent prêts à être moteurs. Nous sommes en train de mesurer les performances de chaque service, par spécialité, en matière de soins et de recherche, au regard des moyens médicaux impartis. C’est nécessaire. Si l’AP-HP veut avoir la force du premier CHU d’Europe, et pas la faiblesse d’une collection de mini-CHU, il faudra que les services s’alignent sur les plus performants ou se regroupent. C’est ce que nous avons déjà décidé avec l’ophtalmologie qui sera regroupée dans un grand centre disposant enfin des équipements les plus modernes.

Quels sont les autres chantiers sociaux ?

Nous réformons nos crèches qui comptent 4000 berceaux et auxquelles nous tenons : un plan de rénovation sur cinq ans est engagé. Les tarifs très peu élevés vont être progressivement alignés sur ceux des caisses d’allocations familiales, en neutralisant les effets de cette hausse qui sera progressive, sur quatre ans, pour les plus modestes. Cela nous permettra, en contractualisant avec la CAF, d’obtenir 15 millions d’euros de subventions de fonctionnement par an et des aides à la mise aux normes. Par ailleurs, nous espérons, dans les prochains jours, trouver un accord sur la « dé-précarisation », en proposant à des centaines de personnes qui multiplient les CDD cours de basculer en CDI ou, lorsqu’ils remplissent les conditions, de rejoindre le statut de la fonction publique.

Que pensez-vous du projet de faire passer à 72 ans l’âge limite des médecins pour exercer à l’hôpital ?

Cette mesure a été souhaitée pour aider les hôpitaux qui ont des difficultés de recrutement, ce qui n’est pas particulièrement le cas de l’AP-HP.

Où en êtes-vous de l’intéressement aux résultats pour les établissements et services qui font des efforts ?

Il a été introduit l’année dernière dans les services d’urgence, pour récompenser les services qui s’améliorent. Ces délais ont d’ailleurs été stabilisés en 2014 alors que l’activité a bondi de 5%. Maintenant nous visons d’ici à 2019 une diminution de moitié du temps de prise en charge. Nous réfléchissons à une extension de ce système d’intéressement pour favoriser le développement de la chirurgie ambulatoire, le recours à l’hospitalisation à domicile... Priorités de la stratégie nationale de santé élaborées par Marisol Touraine, ministre de la Santé.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 10:35
Trousseau: Le personnel des urgences manifeste

La grève aux urgences de Trousseau se poursuit. Une vingtaine de membres de son personnel de nuit, infirmières et aides-soignants, étaient là pour le rappeler hier après-midi, devant la direction générale, à l'hôpital Bretonneau.

« On est en grève depuis janvier. Mais assignés au travail, de jour comme de nuit, pour accueillir, en moyenne, 140 patients par 24 heures. La réouverture de 9 lits a permis un mieux. On a aussi obtenu deux postes de plus, une infirmière et une aide-soignante », résume un infirmier des urgences de nuit.
Deux postes qui ont été les bienvenus pour faire face à la tâche mais qui ne sont que temporairement alloués, jusqu'au 30 avril. Le personnel, soutenu par les syndicats SUD, CGT et FO réclame la pérennisation de ces postes au-delà de cette date. Des démarches en ce sens ont déjà été faites auprès de l'Agence régionale de santé (ARS) à Orléans, du maire de Tours et de la direction.
Un point de la situation est prévu au 30 avril avec la direction, ainsi qu'une réunion exceptionnelle du CHSCT.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 10:26
Le service de médecine gériatrique en grève à l'hôpital de Chartres

Un mouvement de grève illimité a été entamé, lundi, par le personnel du service de médecine gériatrique G1 de l’hôpital Louis-Pasteur.

Elles sont en colère, certaines se disent même « à bout », mais elles continuent de s'occuper de leurs patients avec le même professionnalisme. Les infirmières, les aides-soignantes et les ASHQ (Agents des services hospitaliers qualifiés) du service de médecine gériatrique G1 des hôpitaux de Chartres ont entamé collégialement, depuis lundi, un mouvement de grève illimité.

Assignées à leur poste pour assurer la continuité des soins, elles ont posé une banderole à l'entrée de leur service de vingt-huit lits, au 1 er étage de l'hôpital Louis-Pasteur, pour alerter les visiteurs de leur malaise. Sur leurs blouses blanches, les deux mots "En grève", écrits en lettre capitale, annoncent également la couleur.

L'une des infirmières explique les raisons de ce ras-le-bol : « Notre mouvement fait suite à de nombreuses remontées auprès de la direction. On ne peut plus continuer à travailler en sous-effectif. Nous réclamons des moyens humains pour soigner correctement les patients. Le week-end, nous ne sommes pas assez nombreuses, et pourtant, l'activité ne s'arrête pas. Les vingt-huit lits sont occupés en permanence. » Les grévistes demandent un poste d'infirmière, deux postes d'aides-soignantes et un poste d'ASHQ supplémentaires.

Ce service de médecine gériatrique, initialement implanté à l'Hôtel-dieu, a rejoint l'hôpital Pasteur il y a cinq ans. La durée moyenne de séjour des malades tourne autour de deux semaines.

Une aide-soignante précise : « Nous recevons des personnes qui sont polypathologiques et qui souvent dépendantes. Le soir, nous sommes deux pour faire manger près de vingt patients. »

Une délégation de grévistes, soutenue par les délégués syndicaux Force ouvrière, sera reçue aujourd'hui par la direction. Yvon Le Tilly, le directeur adjoint, le reconnaît : « Ce service est confronté à un fort absentéisme et à une charge de travail importante. Des consultations vont être menées. Nous prendrons en compte, dans la mesure du possible, les difficultés rencontrées. »

Hélène Bonnet
helene.bonnet@centrefrance.com

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 11:05

Alors que l’on dénonce des conditions de travail extrêmement difficiles dans les hôpitaux et les maisons de retraite : manque de personnel, épisode grippal (qui touche patients et personnels), suractivité, nous apprenons que Marisol Touraine, ministre de la santé, envisage

un plan d’économie de 3 milliards d’euros

Ce plan d’austérité pour les hôpitaux a été publié par la revue Challenges et confirmé par Libération. Ce plan se décomposerait de la manière suivante :

1,2 milliards d’euros en mutualisant les achats hospitaliers ;
400 millions en développant la chirurgie ambulatoire ;
600 millions en réduisant les durées de séjour (comme cela les patients sortis trop tôt reviennent deux jours plus tard) ;
860 millions d’euros d’ « économie » par « la maîtrise de la masse salariale ». Cette soi-disant économie sera obtenue en diminuant de 2 % la masse salariale pour l’ensemble des hôpitaux et maisons de retraite.

Ces économies sont scandaleuses à plusieurs titres :
une grande partie de « l’effort » repose sur les personnels et se rajoutent aux mesures déjà prises dans de nombreux hôpitaux (suppressions de RTT, suppression de primes aux contractuels, suppressions de postes comme au CHRU de Brest, …) ;
elles servent soi-disant à boucher le « trou » de la sécurité sociale (18 milliards) alors que le déficit de la sécurité sociale est créé par la fraude à la cotisation et par un taux de chômage important que la politique gouvernementale aggrave. Le « trou » est une invention pure et simple. Un économiste de la santé, Jacques Grolier, l’explique très bien dans une tribune que nous vous communiquons (voir au verso).

Si ce projet n’est pas combattu avec vigueur par l’ensemble des personnels et des organisations syndicales, ce sera une catastrophe pour nous tous.

Une telle économie représenterait proportionnellement au minimum 2 % de moins dans chaque établissement

Quand on sait que l’activité augmente d’année en année et que les restrictions budgétaires font que même nos congés annuels d’été sont réduits par baisse des remplacements, une telle mesure serait une régression grave pour l’accueil des patients et pour les conditions de travail.

Donc nous travaillerons plus, voire beaucoup plus qu’aujourd’hui en étant de moins en moins payés. Si le gouvernement persiste dans cette voie, nous devons nous mobiliser dans l’unité syndicale la plus large pour empêcher l’application de ces mesures inacceptables.

Point de vue. Sécu : un trou creusé par des entreprises "indéli-cates" ?
Ouest-France - 23 Octobre 20
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Jacques Grolier*

Comme chaque année, au moment du vote de la loi de financement de la Sécu-rité sociale, revient la même question : « Où la sécu va-t-elle faire des économies ? ».

On dénonce les hôpitaux mal gérés, les 35 heures, la consommation excessive de médicaments et, en résumé, une assurance-maladie au-dessus de nos moyens, ce qui nous conduit à nous endetter au détriment des générations à venir, égoïstes que nous sommes. Des « coups de rabot » sont alors prévus sur les dépenses sanitaires et sociales.

Pourtant, un chapitre du rapport annuel de la Cour des comptes sur l’application des lois de financement de la Sécurité sociale, publié le mois dernier, conduit à une explication tout à fait différente.

Ce rapport mentionne que la fraude aux cotisations imputable aux entreprises a doublé en huit ans. Elle représente un manque à gagner de plus de 20 milliards d’euros, en 2012 (cotisations sociales, CSG, CRDS, Unedic et assurances complémentaires obligatoires), alors que le « déficit » était de l’ordre de 19 milliards. Autrement dit, si l’ensemble des cotisations dues avait été effectivement versé par les entreprises assujetties, notre bonne vieille Sécu serait en excédent malgré le ralentissement économique préjudiciable à l’équilibre des comptes sociaux. Il est surprenant que les médias aient peu développé cette information.

Cette fraude provient pour plus de 90 % du travail dissimulé, en particulier dans les secteurs de la construction et du commerce. Elle repose sur d’anciennes pratiques (principalement la sous-déclaration d’activité), mais aussi sur des abus nouveaux (statut de travailleur détaché à l’étranger ou d’auto-entrepreneur). De plus, elle s’effectue très souvent au détriment d’une main-d’œuvre précaire, confrontée à des conditions d’emploi et d’hébergement socialement inacceptables.

La lutte contre ce fléau est donc prioritaire, mais les effectifs de l’inspection du travail semblent considérablement sous-dimensionnés pour atteindre cet objectif : environ 800 inspecteurs assistés de 1 500 contrôleurs veillent à la protection de 18 millions de salariés du secteur privé travaillant dans 1,8 million d’entreprises.

Bien entendu, rechercher un meilleur recouvrement de cet important gisement de financement ne signifie pas qu’il ne faille pas continuer à améliorer la gestion des moyens attribués à notre santé par la collectivité. Nombreuses sont les initiatives qui s’y emploient. Mais il est faux de dire que nous n’avons pas les moyens d’affecter à nos dépenses sanitaires et sociales des sommes qui croîtront inévitablement au fil du temps, du fait de la diffusion à tous des progrès médicaux et techniques, ainsi que du vieillissement de notre population. Cette évolution est à voir comme une chance et non comme un poids, à l’heure où notre économie est en quête de croissance non délocalisable.

* Jacques Grolier est maître de conférences à Rennes 1. Directeur du master Éco-nomie et gestion des établissements sanitaires et sociaux.

Source: Sud Santé Sociaux du Finistère

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 09:51
Soutien à l'hôpital de Douarnenez : Plusieurs appels à manifester, samedi

Le sénateur-maire Philippe Paul appelle à manifester, samedi, pour défendre le centre hospitalier Michel-Mazéas. De leur côté, CGT et CFDT ont déposé un préavis de grève.

Le sénateur-maire Philippe-Paul

Dans un communiqué, mercredi, le sénateur-maire de Douarnenez, Philippe Paul, appelle la population à manifester, samedi 21. « Depuis de trop nombreuses semaines, le centre hospitalier est confronté à une pénurie d’anesthésistes-réanimateurs, écrit-il. Reçu, à ma demande, au cabinet de la ministre des Affaires sociales et de la Santé le 26 novembre, j’ai alerté mes interlocuteurs sur les conséquences de cette situation préjudiciable à la poursuite de toute activité chirurgicale dans l’établissement. »

« En complément à la motion adoptée le 12 décembre par le conseil de surveillance du centre hospitalier [dont le sénateur-maire est le président, N.D.L.R.], au vœu voté le 18 décembre par le conseil municipal et aux démarches déjà engagées, j’ai à nouveau interpellé Marisol Touraine, le 8 janvier au Sénat, par une question écrite, rappelant la vive et légitime inquiétude de la population, des élus et de l’ensemble des acteurs de santé sur cette absence d’anesthésistes-réanimateurs. »

« Deux mois plus tard, je constate que cette question demeure sans réponse. Aussi, face à l’absence de réaction du gouvernement sur ce problème majeur d’offre de soins et de santé publique dans notre territoire, j’appelle la population à exprimer une nouvelle fois son soutien et son attachement au centre hospitalier Michel-Mazéas, en participant en nombre à la manifestation, organisée samedi à Douarnenez, à partir de 14 h. »

Un préavis de grève de la CGT et de la CFDT

« Face au mépris de l’ARS, on doit continuer ! » Dans un tract commun, CGT et CFDT annoncent le dépôt d’un préavis de grève, auprès de la direction, pour la journée de samedi.

Les deux syndicats appellent également à se rassembler, à 14 h, devant le centre hospitalier, « pour garder la chirurgie ambulatoire et conserver l’ophtalmo », « pour le maintien de l’ensemble des activités et des services de l’hôpital de Douarnenez », « pour une prise en charge de qualité et de proximité pour les patients », « pour des conditions de travail dignes et humaines pour bien soigner », « pour conserver suffisamment de lits pour accueillir les patients dans des conditions satisfaisantes, même en cas d’épidémie », « pour le maintien des emplois au centre hospitalier de Douarnenez », « pour sortir de la logique financière, de l’Hôpital entreprise ».

Le comité de soutien réécrit à trois parlementaires

De leurs côtés, Annick Le Loch et Richard Ferrand, députés du Finistère, et Philippe Paul, sénateur-maire de Douarnenez, « tous trois concernés par le devenir de l’hôpital de Douarnenez », ont reçu un nouveau courrier du comité de soutien.

« Le comité de Soutien de l’hôpital de Douarnenez demande la réouverture du service de chirurgie ambulatoire, avec la possibilité de l’embauche d’un anesthésiste par et pour le centre hospitalier Michel-Mazéas, pour des activités d’anesthésie à raison de six vacations par semaine. »

« Le comité s‘élève contre les propos méprisants du directeur adjoint de l’ARS de Bretagne lors de sa venue, vendredi 13 mars, tout comme contre son refus systématique et dogmatique à toutes les demandes formulées. »

« Le comité ne peut se satisfaire de la “solution” offerte par celui-ci de quatre vacations d’anesthésie par semaine pour des activités de médecine et d’exploration fonctionnelles, même si le maintien de celles-ci est nécessaire, mais pas suffisant. »

« Le comité ne peut prêter crédit à cette “solution” (qui ne vaut que pour deux mois) après le non-respect du C-Pom [dont on rappelle qu'il n'est qu'un Contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens, et donc, selon l'ARS, un contrat de confiance pour une gestion moderne, solidaire et efficace], signé le 11 janvier 2014 par l’ARS et les trois hôpitaux membres du Bloc opératoire de Cornouaille (Boc), C-Pom dont le comité continue à demander l’application. »

Le comité craint d’autre part que la fin de l’activité chirurgicale au centre hospitalier de Douarnenez ne soit bientôt suivie de l’arrêt des activités de médecine et exploration fonctionnelles et de la fermeture d’autres services, après celle du service d’ophtalmologie. Il redoute la mise en danger ultérieure des urgences, des médecines et des courts séjours. »

« Le comité s’élève contre la fermeture de services hospitaliers de proximité et de la concentration des services hospitaliers aujourd’hui au profit des hôpitaux-pivots en application de la loi Bachelot, demain au profit des hôpitaux de référence en application de la loi Touraine. »

« Non seulement, cette politique ne permettra pas de faire d’économie, mais elle aura de graves conséquences pour le bassin de vie qui a besoin de l’hôpital de Douarnenez, pour sa population, et pour son économie : perte d’emplois, désertification médicale, perte d’habitants et d’activités, éloignement accru des habitants (et notamment des plus pauvres) de l’accès aux soins, dégradation de la qualité des soins hospitaliers.

« Pour ces raisons, nous vous demandons instamment d’exprimer publiquement votre solidarité avec le comité de soutien de l’hôpital de Douarnenez, d’apporter publiquement votre soutien à ses demandes et d’appeler la population du bassin de vie concerné par l’hôpital de Douarnenez à participer à la manifestation organisée par le comité de soutien, samedi. »

Ouest-France

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 15:45

Hausse du taux d’occupation des lits, achats groupés, moins de photocopies… Pour tenir un budget toujours plus serré, l’hôpital accumule petites et grosses économies, parfois pesantes pour les soignants.

Au Centre hospitalier régional universitaire de Lille (CHRU), l’année 2015 a commencé avec une bonne et une mauvaise nouvelles. La bonne : on embauche et on investit pour 11,5 millions d’euros. La mauvaise : cette année, il faudra trouver de quoi financer au total 33,5 millions de dépenses en plus, et 1 million de dotations en moins. Le serrage de ceinture s’ajoute à ceux des années précédentes. Pour faire face, l’hôpital lillois cherche à faire entrer de l’argent et à en économiser, partout. Avec plus de 15 000 salariés, dont plus d’un quart de médecins et étudiants en médecine, un budget de plus d’un milliard d’euros presque à l’équilibre, le CHRU de Lille, seul hôpital universitaire d’une région de 4 millions d’habitants, est une grosse machine.

Codage. Où trouver l’argent ? On va chercher jusqu’au plus petit détail. Quelques exemples trouvés dans le «rapport d’orientation de l’état des prévisions de recettes et de dépenses 2015» concernant l’hôpital lillois, que Libération a pu consulter. Ainsi, le document recommande aux médecins un codage plus fin des actes qui pourrait rapporter 1 million d’euros, et aux chefs de service de développer de nouvelles activités, rentables, censées engranger 4,5 millions cette année. Il parle de faire passer le temps d’ouverture des blocs opératoires de dix à douze heures. Et d’augmenter le nombre de chambres particulières. Entre 2008 et 2014, grâce aux chambres individuelles, l’hôpital est passé de 800 000 euros de recettes à 6,7 millions. Elles devraient encore rapporter 800 000 euros de plus cette année. «Le problème, c’est qu’on facture des chambres individuelles à des gens qui ne l’ont pas demandé», grince Frédéric Herrewyn, délégué CGT. Autre détail : les imprimantes et les photocopieurs. Le rapport envisage de «contractualiser» avec les services sur «la maîtrise du nombre de pages imprimées» avec un suivi «au quotidien». Le document n’a pas prévu l’écran de contrôle dans le bureau du directeur général… Il table sur un gain de plus de 200 000 euros. Même économie si on «réinternalise» une partie de la maintenance informatique.

L’hôpital dit avoir économisé 400 000 euros avec un taux d’absentéisme en baisse de 10 à 9% en rognant, entre autres, sur les primes des agents les plus absents et en surprimant les autres. Frédéric Herrewyn relativise : «Ce n’est pas cette carotte-là qui va faire avancer le schmilblick, mais le bien-être au travail.» Afin de faire baisser les prix, l’hôpital passe par un groupement d’achats. «Ils ont embauché quelqu’un de chez Auchan pour nous apprendre à acheter. Soit. Mais on avait déjà des bons prix», indique Christian Erb, anesthésiste et délégué régional du Syndicat national des praticiens hospitaliers en anesthésie réanimation. «Ça ne marche pas à tous les coups. Les nouveaux masques, chaussons et charlottes sont de moins bonne qualité et ont déclenché des réactions allergiques chez certains.» Bilan : 3,4 millions d’euros d’économies sur les achats en 2014.

«Zéro nuit».L’activité des urgences a, elle, crû de 11%, «à moyens constants», selon la CGT. Et, depuis des années, on fait tout pour faire tourner plus vite les malades. Les séjours dits de «zéro nuit» sont passés de 49% du total des hospitalisations en 2009 à 54% en 2013, indique le site du CHRU. Dans la même période, le taux d’occupation (le nombre de lits occupés par rapport aux lits disponibles) a augmenté de 86,8% à 90,1%. «On n’a presque plus de marge de manœuvre. A la moindre épidémie, ça devient très dur,dit Frédéric Herrewyn. Désormais, comme les chambres, les couloirs sont numérotés pour pouvoir retrouver les patients [qu’on y a placés en attente, ndlr].» L’objectif est d’aller plus loin. Les taux d’occupation de référence pour 2015 : 90% pour la chirurgie, 92% pour la médecine et «de 100 à 200%»pour les services ambulatoires, en mettant en théorie un malade dans un lit à 8 heures et un autre dans le même lit à 14 heures pour les petites pathologies.

«Ça a un impact sur le personnel, met en garde Christian Erb. C’est deux fois plus de chambres à nettoyer, deux fois plus de dossiers. Pour une économie relative. Quand on fait revenir le patient le lendemain pour lui enlever une mèche et qu’il demande l’ambulance, ce n’est pas une économie.» Marge attendue pour l’hôpital, tout de même : 19 millions. L’anesthésiste n’est pas contre une vraie réflexion : «En France, on est un des systèmes de soins les plus dépensiers, et on n’a pas les meilleures statistiques. Tout le monde fait des gains de productivité, il n’y a pas de raison qu’on n’en fasse pas.»

Concernant ces économies, le CHRU de Lille n’a pas souhaité répondre à Libération. Il a renvoyé vers l’agence régionale de santé, qui renvoie sur… le ministère de la Santé.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 15:28

ENQUÊTE

«Libération» a eu accès à un texte confidentiel qui prévoit des économies drastiques, des coupes dans les effectifs, et accroît la centralisation.

C’est un document à usage confidentiel. Il répond au nom de «Kit de déploiement régional du plan Ondam à destination des ARS». C’est un plan opérationnel sur trois ans, distribué le mois dernier aux directeurs des agences régionales de santé (ARS), avec mention explicite : «diffusion restreinte». La semaine dernière, le magazine Challenges avait fait état d’une version de ce document qui aurait été débattu avec la ministre de la Santé, Marisol Touraine. En tout cas, voilà un plan global décliné en 69 pages, comportant une succession de tableaux et d’indicateurs de performance, avec un seul objectif : 10 milliards d’économie à l’horizon 2017. Et, dans ce lot, la part des restrictions pour l’hôpital tourne autour de 3 milliards d’euros.

L’hôpital devra se serrer la ceinture et réduire ses effectifs

Un bouleversement à venir ? Assurément. Et nul ne conteste la nécessité d’une forte évolution du paysage hospitalier. En France, il y a en effet beaucoup d’hôpitaux, voire trop, et ils coûtent cher. L’hôpital représente 45% des dépenses de santé. Avec près de 3 000 établissements, la France est un pays largement doté, avec 6 lits pour 1 000 habitants, le double de la Suède ou de la Grande-Bretagne. Ces hôpitaux sont en outre souvent mal localisés : trop pour les soins de courte durée, pas assez pour les handicapés et les personnes âgées. Et ils sont trop nombreux dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille.

Mais voilà, est-ce que ce «kit» du ministère de la Santé pour mener à bien cette révolution est la bonne façon de procéder ? «Des économies ? C’est possible», réagit Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France. Mais ce responsable, qui rassemble la totalité des hôpitaux de France élève aussitôt le ton : «On a le sentiment d’un double langage. La ministre nous avait promis que ce serait à chaque région, à chaqueétablissement de s’adapter. Et, là, on voit la technostructure du ministère qui prend le pouvoir.» Et d’enfoncer le clou : «Avec ce plan, on assiste à l’étatisation rampante du système hospitalier. Où est la ministre ?»

Pour agir sur la masse budgétaire des hôpitaux, les pouvoirs publics ont un levier fort : l’Ondam hospitalier (objectif national de dépenses de l’assurance maladie), qui fixe d’une année à l’autre l’augmentation des budgets des hôpitaux. Si rien n’est fait, le budget des hôpitaux augmente automatiquement de 2,9%, et cela en particulier avec les hausses automatiques de salaires. Là, l’objectif est clair : en 2015, l’Ondam sera de 2,1% en 2015, de 2% en 2016 et de 1,9% en 2017.

En conséquence, les budgets des hôpitaux vont baisser fortement de plusieurs centaines de millions d’euros. «Si les hôpitaux ne veulent pas augmenter leur déficit, ils doivent faire des économies. Et le premier poste, ce sont les salaires, la masse salariale représentant 65% des charges des établissements de santé, donc de l’emploi», explique sans faux-fuyant un ancien directeur des hôpitaux. Et on arrive à la question sensible de l’emploi. Le chiffre de 22 000 postes supprimés a été évoqué pour les trois années à venir dans les hôpitaux. Mais, voilà, le gouvernement ne veut pas assumer. Mercredi, la ministre de la Santé a assuré à l’Assemblée nationale que son plan de 3 milliards d’euros d’économies pour les hôpitaux d’ici à 2017 n’avait pas vocation à «baisser les effectifs hospitaliers».

Est-ce bien sûr ? Quand on regarde le détail du «kit», c’est pourtant clair : il est prévu 860 millions d’économies sur la masse salariale pour 2015-2017. Afin d’y arriver, il est proposé tout un ensemble d’indicateurs et de pistes, comme : «la mise à plat des protocoles ARTT, le réexamen des avantages extrastatutaires ou non conventionnels, l’optimisation des dépenses de personnel médical, la réduction des coûts liés à l’intérim médical». Les bonnes pratiques sont détaillées : «mettre en place des maquettes organisationnelles par unités en fonction de leur taille et procéder à une harmonisation au sein de l’établissement». Si cela ne veut pas dire… diminuer les effectifs !

L’avenir, c’est l’ambulatoire

Autre axe central de ces économies, la montée en puissance de l’ambulatoire. C’est devenu un refrain ; les hôpitaux de demain ne doivent plus être des lieux de séjour, le patient ne faisant plus que passer. Aujourd’hui, indéniablement l’hôpital public est en retard par rapport au privé dans cette évolution, bien des interventions chirurgicales ne nécessitant pas d’hospitalisations.

Mais la mise en musique de la montée en puissance de l’ambulatoire dans ce plan est purement statistique, sans la moindre référence au coût, ni à l’intérêt en termes de santé publique. Des études indiquent, par exemple, que l’ambulatoire peut engendrer des inégalités d’accès aux soins. Qu’importe, un seul objectif est affiché : économiser un milliard en 3 ans. Et des chiffres : «52,1% en 2015, 54,2% en 2016, 57% en 2017».

8 blocs et 23 actions

Le plan se décline en 8 blocs, avec 23 actions. Certaines sont pleinement justifiées, comme celui concernant la pertinence des actes médicaux. Pourquoi certaines régions font deux fois de plus de césariennes que d’autres ? Et pourquoi il y a-t-il aussi des variations en chirurgie cardiaque ? «La réduction du nombre d’actes non pertinents est un enjeu fort», souligne le document.

Objectif : 140 millions d’euros, dont 50 millions sur les actes hospitaliers. Mais, là, il ne figure aucun conseil pertinent pour y arriver.

Une action forte est prévue, ensuite, sur les médicaments, avec la montée en puissance des génériques et, surtout, «une maîtrise médicalisée de médicaments de spécialités» : ces derniers sont en effet des médicaments extrêmement chers - comme on l’a vu encore récemment avec celui contre le virus de l’hépatite C (45 000 euros, le traitement sur un mois). Comment limiter les prescriptions sans ouvrir la voie à une médecine à plusieurs vitesses ? Pas de réponse. Là encore, juste un objectif économique à atteindre.

Autres économies : des actions sur le transport sanitaire. Et enfin ce qu’ils appellent les GHT, les groupes hospitaliers de territoire, qui visent à regrouper sur un même territoire des hôpitaux. Objectif : 400 millions d’euros d’économies.

D’aucuns voient dans le «kit» un plan désespérément technocratique, sans le moindre volet sanitaire. «Mais c’est un peu la loi du genre. Le problème est que ce sujet soit porté de façon cohérente», tempère un ancien ministre. Et de prendre un exemple récent : «Un jour, pour cause d’épidémie de grippe, le ministère va affirmer qu’il n’y aura pas de fermeture de lits. Et, en même temps, il fait paraître ces instructions. Comment voulez-vous mobiliser de cette façon-là ?»

Eric FAVEREAU

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 15:25
Pour la défense de l'hôpital. 200 personnes dans les rues de Cherbourg

Les créateurs de la nouvelle association de défense de l'hôpital public appelaient à un rassemblement. Il ont finalement défilé dans les rues piétonnes .

Derrière une banderole, environ 200 personnes, membres de l'association citoyenne de défense du centre hospitalier public du Cotentin ont défilé dans les rues de Cherbourg le 14 mars.

Ils se mobilisent pour la promotion de la santé et un hôpital public en danger. On connaît les difficultés de l'hôpital Pasteur confronté à un déficit chronique, et qui pour y faire face, préconise plusieurs mesures comme la rétrogradation de la maternité, ou encore la suppression de postes. Des solutions inacceptables pour la nouvelle association.

Les manifestants se sont rendus dans les rues piétonnes, sur le marché, pour interpeller la population, et aussi les candidats aux élections départementales, tous en campagne .

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